ACTE I. — M. DE SAINT-VALLIER
M. DM PIENNE.
Chut !
M. DE PARDAILLAN, a M. Je Picnnc.
D'où vient que le roi sort aussi vers la brune, Tous les jours, et tout seul, comme cherchant fortune?
M. DE PIENNE
Vie nous dira cela.
M. DE vie.
Ce que je sais d'abord, C'est qu<; sa majesté paraît s'amuser fort.
M. DE COSSÉ, avec un soupir.
Ah ! ne m'en parlez pas !
M. DE vie.
Mais que je me soucie De quel côté le vent pousse sa fantaisie. Pourquoi le soir il sort, dans sa cape d'hiver, Méconnaissable en tout de vêtements et d'air, Si de quelque fenêtre il se fait une porte. N'étant pas marié, mes amis, que m'importe!
M. DE COSSÉ, hochant la tête.
Un roi, — les vieux seigneurs, messieurs, savent cela, — Prend toujours chez quelqu'un tout le plaisir qu'il a. Gare à quiconque a sœur, femme ou fille à séduire! Un puissant en gaîté ne peut songer qu'à nuire. ]1 est bien des sujets de craindre là dedans. D'une bouche qui rit on voit toutes les dents.
M. DE vie, bas aux autres.
Comme il a peur du roi !
M. DE PARDAILLAN
Sa femme fort charmante En a moins peur que lui.
MAROT
C'est ce qui l'épouvante.
M. DE GORDES
Cossé, vous avez tort. Il est très important De maintenir le roi gai, prodigue et content.
M. DE PIENNE, à M. de Gordes.
Je suis de ton avis, comte. Un roi qui s'ennuie, C'est une fille en noir, c'est un été de pluie.
M. DE PAKDAILLAN.
C'est un amour sans duel.
M. DE vie.
C'est un flacon plein d'eau.
MAROT,. b.is.
Le roi revient avec Triboulet-Cupido.
Entrent le roi et Triboulet. Les courtisans s'écartent avec respect.