‹ ThéâtreChapitre 169 sur 314 · ACTE II. — SALTABADIL · texte numérisé non relu

ACTE II. — SALTABADIL

DAME BERARDE, bas, et descendant précipitamment la terrasse.

J'entends quelqu'un dehors.

BLANCHE, effrayée.

C'est mon père peut-être!

DAME BÉRARDE, au roi.

Partez, monsieur !

LE ROL

Que n'ai-je entre mes mains le traître Qui me dérange ainsi !

BLANCHE, à dame Bérarde.

Fais-le vite passer Par la porte du quai.

LE ROI, à Blanche.

Quoi ! déjà te laisser !

M'aimeras-tu demain.''

BLANCHE

Et vous.''

LE ROL

Ma vie entière !

BLANCHE

Ah! vous me tromperez, car je trompe mon père!

LE ROL

Jamais! — Un seul baiser. Blanche, sur tes beaux yeux.

DAME BÉRARDE, à part.

Mais c'est un embrasseur tout à fait furieux !

BLANCHE, faisant quelque résistance.

Non, non !

Le roi l'embrasse, et rentre avec dame Bérarde dans la maison.

Blanche reste quelque temps les yeux fixés sur la porte par où il est sorti, puis elle rentre elle-même. Pendant ce temps-li, la rue se peuple de gentilshommes armés, couverts de manteaux et masqués. M. de Gordes, MM. de Cossé, de Montchenu, de Brion et de Montmorency, Clément Marot, rejoignent successivement M. de Pienne et M. de Pardaillan. La nuit est très noire. La lanterne sourde de ces messieurs est bouchée. Ils se font entre eux des signes de reconnaissance, et se montrent la maison de Blanche. Un valet les suit portant une échelle.

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