ACTE V. — TRIBOULET
TR.IBOULET, la soulevant avec angoisse.
Blanche! Blanche!
Ne meurs pas! —
Se retournant, d<îsespéré.
Au secours! Quelqu'un! Personne ici!
Est-ce qu'on va laisser mourir ma fille ainsi!
Ah! la cloche du bac est là, sur la muraille. — •
Ma pauvre enfant, peux-tu m'attendre un peu que j'aille Chercher de l'eau, sonner pour qu'on vienne.? — un instant!
Blanche fait signe que c'est inutile.
Non, tu ne le veux pas.? — Il le faudrait pourtant! Appelant sans la quitter.
Quelqu'un!
Silence partout. La maison demeure impassible dans l'ombre.
Cette maison, grand Dieu, c'est une tombe!
Blanche agonise.
Oh! ne meurs pas! Enfant, mon trésor, ma colombe, Blanche! si tu t'en vas, moi, je n'aurai plus rien! Ne meurs pas, je t'en prie!
BLANCHE
Oh!...
TRIBOULET
Mon bras n'est pas bien , N'est-ce pas.? il te gêne. — Attends que je me place Autrement. — Es-tu mieux comme cela.? — Par grâce. Tâche de respirer jusqu'à ce que quelqu'un Vienne nous assister! — Aucun secours! aucun!
BLANCHE, d'une voix éteinte et avec effort.
Pardonnez-lui! mon père... — Adieu!
Sa tête retombe.
TRIBOULET, s'arrachant les cheveux.
Blanche!... Elle expire
Il court à la cloche du bac et la secoue avec fureur.
A l'aide! au meurtre! au feu!
Revenant à Blanche.
Tâche encor de me dire
Un mot! un seulement! parle-moi, par pitié! Essayant de la relever.
Pourquoi veux-tu rester ainsi le corps plié.''
Seize ans! non, c'est trop jeune! oh! non, tu n'es pas morte!
Blanche, as-tu pu quitter ton père de la sorte .^^
Est-ce qu'il ne doit plus t'entendre.'' ô Dieu! pourquoi?
Entrent des gens du peuple, accourant au bruit avec des flambeaux.
Le ciel fut sans pitié de te donner à moi ! Que ne t'a-t-il reprise au moins, ô pauvre femme, Avant de me montrer la beauté de ton âme? Pourquoi m'a-t-il laissé connaître mon trésor? Que n'es-tu morte, hélas! toute petite encor. Le jour où des enfants en jouant te blessèrent! Mon enfant! mon enfant!