SCENE II
GUBETTA, puis DON A LUCREZIA, GENNARO, endormi.
GUBETTA, seul.
Oui, j'en sais plus long qu'eux; ils se disaient cela tour bas. J'en sais plus long qu'eux, mais dona Lucrezia en sait plus que moi, monsieur de Valentinois en sait plus que dona Lucrezia, le diable en sait plus que monsieur de Valentinois, et le pape Alexandre six en sait plus que le diable.
Regardant Gennaro.
— Comme cela dort, ces jeunes gens !
Entre dona Lucrezia, masquée. Elle aperçoit Gennaro endormi, et va le contempler avec une sorte de ravissement et de respect.
DONA LUCREZIA, à part.
11 dort. — Cette fête l'aura sans doute fatigué. — Qu'il est beau ! Se retouroant.
GUBETTA
Parlez moins haut, madame. — Je ne m'appelle pas ici Gubetta, mais le comte de Belverana, gentilhomme castillan; vous, vous êtes madame la marquise de Pontequadrato, dame napolitaine. Nous ne devons pas avoir l'air de nous connaî're. Ne sont-ce pas là les ordres de votre altesse.'' Vous n'êtes point ici chez vous; vous êtes à Venise.
DONA LUCREZIA
C'est juste, Gubetta. Mais il n'y a personne sur cette terrasse, que ce jeune homme qui dort. Nous pouvons causer un instant: