‹ ThéâtreChapitre 250 sur 314 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les Mêmes, MAFFIO ORSINI, JEPPO LIVERETTO, ASCANIO PETRUCCI, OLOFERNO VITELLOZZO, DON APOSTOLO

GAZELLA. Seigni;urs, Dames. P.\GES portant des flambeaux. MAFFIO, un flambeau à la main.

Gennaro, veux-tu savoir quelle est la femme à qui tu parles d'amour.''

DONA LUCREZIA, à part, sous son masque.

Juste ciel !

GENNARO

Vous êtes tous mes amis, mais je jure Dieu que celui qui touchera au masque de cette femme sera un enfant hardi. Le masque d'une femme est sacré comme la face d'un homme.

MAFKIO.

Il faut d'abord que la femme soit une femme, Gennaro ! Mais nous ne voulons pas insulter celle-là, nous voulons seulement lui dire nos noms.

Faisant un pas vers dona Lucrezi-i.

— Madame, je suis Maffio Orsini, frère du duc de Gravina, que vos sbires ont étranglé la nuit pendant qu'il dormait.

JEPPO.

Madame, je suis Jeppo Liveretto, neveu de Liveretto Vitelli, que vous avez fait poignarder dans les caves du Vatican.

ASCANIO

Madame, je suis Ascanio Petrucci, cousin de Pandolfo Petrucci, seigneur de Sienne, que vous avez assassiné pour lui voler plus aisément sa ville.

OLOFERNO.

Madame, je m'appelle Oloferno Vitellozzo, neveu d'Iago d'Appiani, que vous avez empoisonné dans une fête, après lui avoir traîtreusement dérobé sa bonne citadelle seigneuriale de Piombino.

DON APOSTOLO

Madame, vous avez mis à mort sur l'échafaud don Francisco Gazella, oncle maternel de don Alphonse d'Aragon, votre troisième mari, que vous avez fait tuer à coups de hallebarde sur le palier de l'escalier de Saint-Pierre. Je suis don Apostolo Gazella, cousin de l'un et fils de l'autre.

DONA LUCREZIA

O Dieu !

GENNARO

Quelle est cette femme ?

MAFFIO

Et maintenant que nous vous avons dit nos noms, madame, voulez-vous que nous vous disions le vôtre ?

Non ! non ! ayez pitié, messeigneurs ! Pas devant lui!

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