‹ ThéâtreChapitre 35 sur 314 · LES COMÉDIENS, MARION, DIDIER · texte numérisé non relu

LES COMÉDIENS, MARION, DIDIER

UN VALET, conduisant les comédiens à la grange.

Voici votre logis.

Vous êtes chez monsieur le marquis de Nangis. Tenez-vous décemment et tâchez de vous taire, Car nous avons un mort que demain l'on enterre.

6o MARION DE LORME.

Surtout ne mêlez pas de chansons et de bruit Aux chants que pour son âme on chantera la nuit.

LE GRACIEUX, petit et hossa.

Nous ferons moins de bruit que tous vos chiens de chasse Qui vous vont aboyant aux jambes quand on passe.

LE VALET

Mais des chiens ne sont pas des baladins, mon cher.

LE TAILLEBRAS, au Gracieux.

Tais-toi! tu nous feras, toi, coucher en plein air.

Le valet sort.

LE SCARAMOUCHE, à Marion et à Didier, qui jusque-là sont restés immobiles dans un coin.

Cà, maintenant, causons. Vous voilà de la troupe. Pourquoi monsieur courait portant madame en croupe. Si l'on est deux époux ou deux tendres amants. Si l'on fuit la police, ou bien les nécromans Qui tenaient méchamment madame prisonnière. Cela ne me regarde en aucune manière.

Que jouerez-vous.'' voilà tout ce que je veux voir. — Écoute, tu feras les Chimènes, œil noir!

Marion fait une révérence.

DIDIER, indigné. — A part.

Lui voir ainsi parler par un vil saltimbanque!

LE SCARAMOUCHE, à Didier.

Quant à toi, si tu veux d'un beau rôle, il nous manque Un matamore. — On est fendu comme un compas. On fait la grosse voix et l'on marche à grands pas. Puis, quand on a d'Orgon pris la femme ou la nièce. On vient tuer le Maure à la fin de la pièce. C'est un rôle tragique. 11 t'irait entre tous.

DIDIER

Comme il vous plaira.

LE SCARAMOLCHE.

Bon. Mais ne me dis plus vous.

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