ACTE III. — LA COMEDIE. Jl
LAFFEMAS, bas en souriant.
Oui, quel est son Rodrigue?
Son galant.''
Oui.
LE GRACIEUX
LAFFEMAS
LE GRACIEUX
Celui qui gémit sous sa loi .''
LAFFEMAS, avec impatience.
Est-il là.^
LE GRACIEUX
Sans doute.
LAFFEMAS, s'approchant vivement de lui.
Eh! fais-le moi voir!
LE GRACIEUX, avec une profonde révérence.
C'est moi.
J'en suis fou.
Laffemas, désappointé, s'éloigne avec dépit, puis se rapproche, taisant sonner sa bourse à l'oreille et aux yeux du Gracieux.
LAFFEMAS
Connais-tu le son des génovines ?
LE GRACIEUX
Ah Dieu! cette musique a des douceurs divines!
LAFFEMAS, 'a part.
J'ai mon Didier!
Au Gracieux.
Vois-tu cette bourse.''
LE GR^^CIEUX
Combien ?
LAFFEMAS
Vingt génovines d'or.
LE GRACIEUX
Humph!
LAFFEMAS, lui faisant sonner la bourse sous le nez.
Veux-tu ?
LE GRACIEUX, lui arrachant la bourse.
Je veux bien.
D'un ton théâtral, à Laffemas qui Fécoute avec anxiété.
Monseigneur! si ton dos portait, — bien à son centre, —
Une bosse, en grosseur égale à ton gros ventre,
Si tu faisais remplir ces deux sacs de ducats.
De louis, de doublons, de sequins,... en ce cas...
LAFFEMAS, vivement.
Eh bien! que dirais-tu.''
LE GRACIEUX, mettant la bourse dans sa poche.
J'empocherais la somme,
Et je dirais :
Avec une profonde révérence.
Merci, vous êtes un bon homme!
LAFFEMAS, à part, furieux.
Peste du jeune singe!
LE GRACIEUX, à part, riant.
Au diable le vieux chat!
LAFFEMAS, à part.
Ils se sont entendus au cas qu'on le cherchât. C'est un complot tramé. Tous se tairont de même. Oh! les maudits satans d'Egypte et de Bohême!
Au Gracieux, qui s'en va.
Çà, rends la bourse au moins!
LE GRACIEUX, se retournant, d'un ton tragique.
Pour qui me prenez-vous, Seigneur.'' Et l'univers, que dirait-il de nous.^ Vous, proposer, et moi , faire la chose infâme De vous vendre à prix d'or une tête et mon âme!
Il veut sortir.