‹ ThéâtreChapitre 46 sur 314 · I.AFFEMAS, au Gracieux · texte numérisé non relu

I.AFFEMAS, au Gracieux

Toi, d'abord. Quel cs-tu.''

LE GRACIEUX, avec un grand salut et une pirouette qui fait ressortir sa bosse.

Je suis le Gracieux De la troupe, et voici ce que je sais le mieux :

Il chante.

Des magistrats , sur des nuques Ce sont d'énormes perruques.

De toute cette toison On voit sortir à foison Gênes, gibet, roue, amende, Au moindre signe évident D'une perruque plus grande Qujon nomme le président.

L'avocat, c'est un déluge De mots tombant sur le juge.

C'est un mélange matois De latin et de patois. . .

LAFFEMAS, l'interrompant.

Tu chantes faux, à rendre envieuse une orfraie! Tais-toi!

LE GRACIEUX, riant.

Le chant est faux, mais la chanson est vraie.

LAFFEMAS, au Scaramouche.

A votre tour.

LE SCARAMOUCHE, saluant.

Je suis Scaramouche, seigneur.

J'ouvre la scène ainsi dans La Duègne d'honneur : Déclamant.

«Rien n'est plus beau, disait une reine d'Espagne, «Qu'un évêque à l'autel, un gendarme en campagne, « Si ce n'est dame au lit et voleur au gibet. . . »

Laffemas l'interrompt du geste, et fait signe au TaiUebras de parler. Le TaiUebras salue profondément et se redresse.

LE TAILLEBRAS, avec emphase.

Moi, je suis TaiUebras. J'arrive du Thibet,

J'ai puni le grand Khan, pris le Mogol rebelle...

LAFFEMAS

Autre chose!

Bas à Savernv, qui est debout près de lui.

Vraiment, que Marion est belle!

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