‹ ThéâtreChapitre 48 sur 314 · L.\FFEMAS · texte numérisé non relu

L.\FFEMAS

Contez-nous cette histoire.

MARION, à demi tournée vers Didier.

«Puisque, pour t'empêcher de courir au trépas,

«Ta vie et ton honneur sont de faibles appas,

«Si jamais je t'aimai, cher Rodrigue, en revanche

(( Défends-toi maintenant pour m'ôter à don Sanche.

« Combats pour m'atfranchir d'une condition

«Qui me livre à l'objet de mon aversion.

«Te dirai-je encor plus.'' va, songe à ta défense,

«Pour forcer mon devoir, pour m'imposer silence;

«Et, si tu sens pour moi ton cœur encore épris,

«Sors vainqueur d'un combat dont Chimène est le prix! »

LafFemas se lève avec galanterie et lui baise la main. Marion, p.ile, regarde Didier, qui demeure immobile, les yeux baissés.

LAFFEMAS

Certe, il n'est pas de voix qui, mieux que vous ne faites, Nous prenne au fond du cœur par des fibres secrètes; Vous êtes adorable!

A Savcrnv.

On ne peut le nier.

Le Corneille, après tout, ne vaut pas le Garnier. Pourtant, il fait en vers meilleure contenance Depuis qu'il a l'honneur d'être à son éminence.

A Marion.

Quel talent! quels beaux yeux! vous enterrer ainsi! Vous n'êtes pas, madame, à votre place ici. Asseyez-vous donc là.

Il s'assied et fait signe à Marion de venir s'asseoir près de lui. Elle recule. MARION, bas à Didier, avec angoisse.

Grand Dieu! restons ensemble!

LAFFEMAS, souriant.

Mais venez près de moi vous asseoir.

Didier repousse Marion, qui vient tomber effrayée sur le banc près de Laffemas.

MARION, à part.

Ahl je tremble!

Enfin!...

LAFFEMAS, souriant à Marion d'un air de reproche.

A Didier.

Vous, votre nom?

Didier fait un pas vers Laffemas, jette son manteau et e/tfoncc son chapeau sur sa tête.

DIDIER, d'un ton grave.

Je suis Didier.

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