‹ ThéâtreChapitre 50 sur 314 · ACTE III. — LA COMEDIE · texte numérisé non relu

ACTE III. — LA COMEDIE

LAFFEMAS

Oh ! je la jouerais mal.

Mais j'en fais une avec monsieur le cardinal; C'est une tragédie, — où vous aurez un rôle.

Marion pousse un cri d'effroi. Didier se détourne avec dédain)

Ne tournez pas ainsi la tête sur l'épaule, Nous irons jusqu'au bout admirer votre jeu. Allez! recommandez, monsieur, votre âme à Dieu.

MARION

Ah!...

En ce moment, le marquis de Nangis repasse au fond, toujours dans sa première attitude et avec son peloton de hallebatdiers. Au cri de Marion, il s'arrête et se tourne vers les assistants, pâle, muet et immobile.

LAFFEMAS, au marquis de Nangis.

Monsieur le marquis, je réclame main-forte. Bonne nouvelle! mais prêtez-moi votre escorte. L'assassin du marquis Gaspard s'était enfui. Mais nous l'avons repris.

MARION, se jetant aux genoux de Laffemas. Monsieur, pitié pour lui!

LAFFEMAS, avec galanterie.

Vous à mes pieds, madame! Eh! ma place est aux vôtres!

MARION, toujours à genoux et joignant les mains.

Oh! monseigneur le juge! ayez pitié des autres, Si vous voulez qu'un jour un juge plus jaloux. Prêt à punir aussi, prenne pitié de vous!

LAFFEMAS, sjuriant.

Mais quoi! c'est un sermon vraiment que vous nous faites! Ah! madame, régnez aux b.ils, brillez aux fêtes. Mais ne nous prêchez point. — Pour vous je ferais tout, Mais cet homme a tué, c'est un meurtre...

DIDIER, à Marion.

Debout!

Marion se relève tremblante.

A Laffemas.

Tu mens! ce n'est qu'un duel.

8o MARION DE LORME.

LAFFEMAS

Monsieur. . .

DIDIER

Tu mens, te dis-je.

LAFFEMAS

Paix

A Marion.

— • Le sang veut du sang. Cette rigueur m'afflige. Il a tué! tué qui .'* — Le marquis Gaspard De Saverny, —

Montrant M. de Nangis.

Neveu de ce digne vieillard, — Jeune seigneur parfait! C'est la plus grande perte Pour la Fr.ince et le roi!... S'il n'était pas mort, ccrte, Je ne dis pas... mon cœur n'est pas de roche... et si...

SAVERNY, faisant un pas.

Celui que l'on croit mort n'est pas mort. — Le voici!

Etonnement général.

LAFFEMAS, tressaillant.

Gaspard de Saverny! mais à moins d'un prodige!... Ils ont là son cercueil!

SAVERNY, arrachant ses fausses moustaches, son emplâtre et sa perruque noire.

11 n'est pas mort, vous dis-je!

Me reconnaissez-vous.''

LE MARQUIS DE NANGIS, comme réveille d'un rêve, pousse un cri et se jette dans ses bras.

Mon Gaspard! mon neveu!

Mon enfant!

Ils se tiennent étroitement embrassés.

MARION, tombant k genoux et les yeux au ciel. Ah! Didier est sauvé! — Juste Dieu!

DIDIER, froidement à Savcrnv.

A quoi bon f Je voulais mourir.

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