ACTE IV. — LE ROI
A la chasse aux perdrix. Un bon chasseur, vous l'êres. Fait cas du fauconnier.
LE ROI, vivement.
Le fauconnier est dieu !
L'ANGELY
Eh bien, il en est deux qui vont mourir sous peu.
LE ROL
A la fois.^
L'ANGELY
Oui.
LE ROI
Qui donc .''
L'ANGELY
Deux fameux!
LE ROI
Qui , de grâce ?
L'ANGELY
Ces jeunes gens pour qui l'on vous demandait grâce . . .
Ce Gaspard.'* ce Didier.''...
L'ANGELY
Je crois qu'oui. Les derniers.
LE ROI
Quelle calamité! Vraiment, deux fauconniers! Avec cela que l'art se perd ! Ah ! duel funeste ! Moi mort, cet art au":si s'en va, — comme le reste! — Pourquoi ce duel.''
L'ANGELY
Mais l'un à l'autre soutenait Que l'alète au grand vol ne vaut pas l'alfanet.
LE ROI
Il avait tort. — Pourtant le cas n'est pas pendable.
Un silence.
Mais, après tout, mon droit de grâce est imperdable. Au gré du cardinal je suis toujours trop doux.
Un silence.
A L'Angely.
Richelieu veut leur mort.
L'ANGELY
Sire, que voulez-vous.^
LE ROI, après rcflcxion et silence.
Ils mourront!
C'est cela.
LE ROI
Pauvre fauconnerie!
L'ANGELY, allant a la fenêtre.
Voyez donc, sire!
LE ROI, se détournant en sursaut.
QuoiP
L'ANGELY
Regardez, je vous prie.
LE ROI, se levant et allant à la fenêtre.
Qu'est-ce ?
L'ANGELY, lui montrant quelque chose au dehors.
On vient relever la sentinelle.
LE ROI
Eh bien ?
C'est tout.^
L'ANGELY
Quel est ce drôle aux galons jaunes.!^
LE ROI
Rien.
Le caporal.
L'ANGELY
Il met un autre homme à la place.
Que lui dit-il ainsi tout bas?