‹ ThéâtreChapitre 80 sur 314 · ACTE V. — LE CARDINAL · texte numérisé non relu

ACTE V. — LE CARDINAL

LAFFEMAS

Aimez-le donc!

MARION

Le monstre! il va du crime au vice!

Laisse-moi pure!

LAFFEMAS

Donc je n'ai plus qu'un service A vous rendre à présent?

MARION

Quoi?

LAFFEMAS

Si vous voulez voir, Je puis vous faire entrer. — Ce sera pour ce soir.

MARION, tremblant de tout son corps.

Dieu! ce soir!

LAFFEMAS

Oui, ce soir. — Pour voir par la portière. Monsieur le cardinal viendra dans sa litière.

Marion est plongée dans une profonde et convulsive rêverie. Tout à coup elle passe ses deux mains sur son front et se tourne comme égarée vers Laffemas.

M.\RION

Comment feriez-vous donc pour les faire évader?

. LAFFEMAS, bas.

Si... vous vouliez?... — Alors je puis faire garder Cette brèche, par où viendra son éminence, Par deux hommes à moi...

Il écoute du côté de la petite porte.

Du bruit... — On vient, je pense.

MARION, se tordant les mains.

Et vous le sauveriez ?

LAFFEMAS

Oui.

Bas.

Pour tout dire ici Les murs ont trop d'échos. . . — Ailleurs. . .

MARION, avec désespoir.

Venez !

Laffemas se dirige vers la grande porte et lui tait signe du doigt de le suivre. — Marion tombe à genoux, tournée vers le guichet de la prison. Puis elle se lève avec un mouvement convulsif, et disparaît par la grande porte, a la suite de Laffemas. — Le petit guichet s'ouvre. Entrent, au milieu d'un groupe de gardes, Saverny et Didier.

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