‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 134 sur 446 · ACTE II, SCENE n. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE n. i

Et de la tyrannie exerçant le pouvoir, Nourrir votre fierté de mon vain désespoir ? C'est à ma triste vie ajouter trop d'alarmes, Trop flétrir des lauriers arroses de mes larmes, El qui me tiendront lieu de malheur et d'affiront, S'ils ne sont par vos mains attachés sur mon front; ^Si votre incertitude, alarmant mes tendresses, ^ Peut encor démentir la foi de vos promesses.

▲MÉLIB.

* Je ne tous promis rien : tous n'aTez point ma foi ;

* Et la reconnaissance est tout ce que je dbi.

LB BUC

* Quoi! lorsque de ma main je tous offrais lliommage?...

▲XIÂLIB.

* D'un si noble présent j'ai tu tout l'aTantage ;-

* Et sans chercher ce rang qui ne m'était pas dù^ ^ Par de justes respects je tous ai répondu.

* Vos bienfaits, TOtre amour, et mon amitié méme^

* Tout TOUS flattait sur moi d'un empire suprême;

* Tout TOUS a fait penser qu'un rang si glorieux,

* Présenté par tos mains ^ éblouirait mes yeux.

* Vous TOUS trompiez : il faut rompre enfin le silence. ^ Je Tais TOUS offenser; je me fiûs Tiolence ;

^ Mais , réduite à parler, je tous dirai , seigneur, '^ Que l'amour de mes rois est graTé dans mou cœur. Votre sang est auguste, et le mien est sans crime ; Il coula pour l'état, que Vétranger opprime. Cominge, mon aieul, dans mon cœur a transmis

* La haine qu'un Français doit à ses ennemis;

* Et sa fille jamais n'acceptera pour maître

'^ L'ami de nos tyrans , quelque grand qu'il puisse être.

* Voilà les sentimens que son sang m'a tracés,

'^ Et s'ils TOUS font rougir, c'est tous qui m'y forcez.

i6ê LE DUC DE FOIX,

* Je suis , je laYOÙrai , surpris de ce IsLUgafie ;

* Je ne m'attendais pas à ce nouvel outrage ;

* Et n'avais pas prévu que le sort en courroux,

* Pour m accabler d'affronts, dût se servir de vous.

* Vous avez &it, madame, une secrète étude

* Du mépris, de l'insulte et de l'ingratitude;

* Et votre cœur, enfin , lent à se déployer ,

* Hardi par ma faiblesse , a paru tout entier.

* Je ne connaissais pas tout ce zèle héroïque ,

* Tant d'amour pour l'état , et tant de politique.

* Mais, vous qui m'outragez, me connaissez-vous bien?

* Vous reste-t-il ici de parti que le mien ? M'osez*vous reprocher une heureuse alliance , Qui fait ma sûreté, qui soutient ma puissance. Sans qui vous gémiriez dans la captivité,

A qui vous avez dû l'honneur, la liberté P

* Est-ce donc là le prix de vous avoir servie?

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