‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 145 sur 446 · SCENE PREMIERE- LE DUC, LISOI · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE- LE DUC, LISOI

LB DUC

Lia. TÎctoire est à nous , tos soins l'ont assurée. Vous ayez su guider ma jeunesse égarée.

* Lisois m est nécessaire aux conseils , aux combats ,

* Et c'est à sa grande âme à diriger mon bras*

* Prince, ce feu guerrier, qu'en vous on voit paraître,

* Sera maître de tout, quand tous en serez maître :

* Vous l'avez pu régler, et vous avez vaincu.

* Ayez dans tous les temps cette heureuse vertu : L'effet en est illustre, autant qu'il est utile.

Le faible est inquiet, le grand homme est tranquille*

LE nue.

Ah ! l'amom: est-il fait pour la tranquillité ? Mais le chef inconnu sur nos remparts monté , Qui tint seul si long-*temps la victoire en balance. Qui m'a rendu jaloux de sa haute vaillance , Que devient-il?

LISOIS

Seigneur, environné de morts , Il a seul repoussé nos plus puissans efforts. Mais ce qui me confond, et qui doit vous surprendre,

I^ouvant nous échapper, il est venu se rendre ; Sans vouloir se nommer, et sans se découvrir, Il accusait le ciel , et cherchait à mourir. Un seul de ses suivans auprès de loi partage La douleur qui l'accable, et le sort qui l'outrage.

LB DUC

Quel est donc, cher ami, ce chef audacieux, Qui, cherchant le trépas, se cachait à nos yeux? Son casque était fermé. Quel charme inconcevable, Quand je l'ai combattu , le rendait respectable ?

* Un je ne sais quel trouble en moi s'est élevé ;

* Soit que ce triste amour, dont je suis captivé, ^ Sur mes sens égarés répandant sa tendresse,

* Jusqu'au sein des combats m'ait prèle sa fiiibiesse;

* Qu'il ait voulu marquer toutes mes actions

* Par la molle douceur de ses impressions ;

* Soit plutôt que la voix de ma triste patrie

* Parle encore en secret au cœur qui la trahie, Ou que le trait fatal enfoncé dans ce cœur. Corrompe en tous les temps ma gloire et mon bonheur.

LISOIS

Quant aux traits dont votre &me a senti la puissance, Tous les conseils sont vains, agréez mon ûlence. Mais ce sang des Français , que nos mains font couler^ Mais l'état , la patrie , il feut vous en parler. Vos nobles sentimens peuvent encor paraître :

* Il est beau de donner la paix à votre maître :

* Son égal aujourd'hui, demain dans l'abandon,

* Vous vous verriez réduit à demander pardon. Sûr enfin d'Amélie et de votre fortune, Fondez votre grandeur sur la cause commune; Ce guerrier, quel qu'il soit, remis entre vos mains ^ Pourra servir Im-mème à vos justes desseins :

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