‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 156 sur 446 · ACTE III, SCENE V. i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V. i

* Le sort met entre nous un obstacle étemel. ^ Je ne puis être à yous.

LE DUC

Vamir.... Ingrate.... ah! ciel!

* C^en est donc &it.... mais non.... mon cœur sait se contraindre.

* Yous ne méritez pas que je daigne m-en plaindre.

* Je TOUS rends trop justice; et ces séductions,

* Qui iront au fond des cœurs chercher nos passions ,

* L'espoir qu'on donne à peine afin qu'on le saisisse ,

* Ce poison préparé des mains de l'artifice,

Sont les effets d'un charme aussi trompeur que vain , "*" Que Fœil de la raison regarde avec dédain. ^ Je suis libre par vous : cet art que je déteste, ^ Cet art qui m'enchaina, brise un joug si funeste; "^ Et je ne prétends pas , indignement épris,

* Rougir devant mon frère , et souf&ir des mépris. "^ Montrez-moi seulement ce rival qui se cache,

* Je lui cède avec joie un poison qu'il m'arrache*

"*" Je TOUS dédaigne assez tons deux pour vous upir,

* Perfide! et c'est ainsi que je dois vous punir.

▲ MIBLIB.

^ Je devrais seulement vous quitter et me taire;

* Mais je suis accusée, et ma gloire m'est chère. ^ Votre firère est présent, et mon honneur blessé

* Doit repousser les traits dont il est ofiEensé. "^ Pour un autre que- vous ma vie est destinée;

* Je vous en fais l'aveu , je m'y vois condamnée. ^ Oui, j'aime; et je serais indigne, devant vous,

* De celui que mon cœur s'est promis pour époux, ^ Indigne de l'aimer, si par ma complaisance

^ J'avais à votre amour laisse quelque espérance.

* Vous avez regardé ma liberté, ma foi,

* Comme un bien de conquête , et qui n'est plus à moi.

i86 hE DUC D£ FOIX,

* Je vous devais beaucoup ^ mais une telle offense

* Ferme à la fin mon cœur à la reconnaissance.

* Sachez que des bienfaits qui font rougir mon front ,

* A mes yeux indignés ne sont plus qu un affiront.

* Jai plaint de votre amour la violence vainc; ^

* Mais, après ma pitié, n attirez point ma haine.

* /*ai rejeté vos vœux^ que je n ai point bravés;

* J'ai voulu votre estime, et vous me la deve%*

LE nirc«

* Je vous dois ma colère , et sachez qu'elle égale

* Tous les emportemens de mon amour fatale.

* Quoi donc ! vous attendiez , pour oser m'accabler,

* Que Vamtr fût présent, et me vît immoler?

* Vous vouliez ce témoin de Taffront que j'endure? ^ Allez, je le croirais Tauteuv de mon injure,

* Si.... Mais il' n'a point vu vos funestes appas;

* Mon frère trop henreux ne vous connaissait pas.

* Nommez donc mon rivai ; mais gardea-vous de croire

* Que mon lâche dépit lui cède la victoire.

* Je vous trompais : mon cœur ne peut feindre long-temps ;

* Je vous traîne à l'autel à ses yeux expirans ;

* Et ma main, sur sa cendre, à votre main donnée,

* Va tremper dans le sang les flambeaux d'Kyménée.

* Je sais trop qu*on a vu , lâchement abusés,

* Pour des mortels obscurs des princes méprisés; '

* Et mes yeux perceront, dans la foule inconnue ,

* Jusqu'à ce vil objet qui se cache à ma vue.

VAMIR.

* Pourquoi d'un choix indigne osez*vous l'accuser?

LS DUC

* Et pourquoi , vous , mon frère, osez-vous l'excuser?

* Est'il vrai que de vous elle était ignorée ?

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