VA.KIR
Oui , depuis* deux anaées ,
* L'amour la plus secrète a joint nos destinées^
* C'est toi dont les fureurs ont voulu m'arracber
* Le seul bien sur la terre oii j'ai pu m'attacher.
* Tu fais depuis trois mois les borreurs de ma vie :
* Les maux que j'éprouvais passaient ta jalousie.
* Par tes égaremens juge de mes transports.
* Nous puisâmes tous deux dans ce sang dont je sors ^ L'excès des passions qui dévoient une âme;
^ La nature à tous deux fit un coBur tout die ftanoie ,
* Mon frère est mon rival, et je l'ai combattu; ^ fai £aût taire le $»BÇi peut-être la vertu.
* Furieux, aveuglé, plus jaloux que teîyméme,
^ J'ai couru, j'ai v^é , pour t'ôler ce que j*aîme ; ^ Rien ne m'a veteno , ni tes superbes tours , ^ Ni le peu de soldats que j'avais pour secours, ^ Ni le lieu, ni le temps , ni surtout ton courage ;
* Je n'ai vu que ma flamme, et ton feu qui m'outrage. "^ L'amour fot dans mon cœur plus fort que Tamitié ;
* Sois cruel comme moi , puni»-moi sans pitié:
* Aussi-bien tu ne peux t'assurer ta conquête ,
ïM LE DUC DE FOIX,
* Tu ne penx IVpotiser qu'aux dépens de ma tête.
* A ia face des cieux je lui donne ma foi ;
* Je te fais de nos vœux le témoin malgré toi.
* Frappe , et qu après ce coup ta cruauté jalouse
* Traîne au pied des autels ta sœur, et mon épouse.
* Frappe , dis-je : oses-tu ?
LE DUC
Traître, c*en est assez.
* Qu*on r6te de mes yeux ; soldats , obéissez.
▲ KBLIB.
(aux soldats.) ... (aiidac.)
* Non ; demeurez , cruels.... Ah ! prince , est-il possible
* Que la nature en vous trouve une âme inflexible P
* Seigneur !
VÀMia.
' Vous , le prier ! plaignez-le plus que moi.
* Plaignez-le ; il vous offense , il a trahi son roi.
* Va , je suis dans ces lieux plus puissant que toi-même; "^ Je suis vengé de toi : l'on te hait, et Ton m*aime.
AMELIE.
( à Vamir. ) (au duc. )
* Ah , cher prince !.... Ah , seigneur ! voyez à vos genoux...
hE DUC.
( aux gardes. ) (à Amëlie. )
* Qu*on m'en réponde, allez. Madame, levez-votis.
* Vos prières , vos pleurs en faveur d*im parjure
* Sont un nouveau poison versé sur ma blessure:
* Vous avez mis la mort dans ce cœur outragé;
* Mais , perfide , croyez que je mourrai vengé.
* Adieu : si vous voyez les effets de ma rage ,
* N'en accusez que vous^ nos maux sont votre ouvrage.
AMELIE.
* Je ne vous quitte pas; écoutez-moi , seigneur.