‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 158 sur 446 · VA.KIR · texte numérisé non relu

VA.KIR

Oui , depuis* deux anaées ,

* L'amour la plus secrète a joint nos destinées^

* C'est toi dont les fureurs ont voulu m'arracber

* Le seul bien sur la terre oii j'ai pu m'attacher.

* Tu fais depuis trois mois les borreurs de ma vie :

* Les maux que j'éprouvais passaient ta jalousie.

* Par tes égaremens juge de mes transports.

* Nous puisâmes tous deux dans ce sang dont je sors ^ L'excès des passions qui dévoient une âme;

^ La nature à tous deux fit un coBur tout die ftanoie ,

* Mon frère est mon rival, et je l'ai combattu; ^ fai £aût taire le $»BÇi peut-être la vertu.

* Furieux, aveuglé, plus jaloux que teîyméme,

^ J'ai couru, j'ai v^é , pour t'ôler ce que j*aîme ; ^ Rien ne m'a veteno , ni tes superbes tours , ^ Ni le peu de soldats que j'avais pour secours, ^ Ni le lieu, ni le temps , ni surtout ton courage ;

* Je n'ai vu que ma flamme, et ton feu qui m'outrage. "^ L'amour fot dans mon cœur plus fort que Tamitié ;

* Sois cruel comme moi , puni»-moi sans pitié:

* Aussi-bien tu ne peux t'assurer ta conquête ,

ïM LE DUC DE FOIX,

* Tu ne penx IVpotiser qu'aux dépens de ma tête.

* A ia face des cieux je lui donne ma foi ;

* Je te fais de nos vœux le témoin malgré toi.

* Frappe , et qu après ce coup ta cruauté jalouse

* Traîne au pied des autels ta sœur, et mon épouse.

* Frappe , dis-je : oses-tu ?

LE DUC

Traître, c*en est assez.

* Qu*on r6te de mes yeux ; soldats , obéissez.

▲ KBLIB.

(aux soldats.) ... (aiidac.)

* Non ; demeurez , cruels.... Ah ! prince , est-il possible

* Que la nature en vous trouve une âme inflexible P

* Seigneur !

VÀMia.

' Vous , le prier ! plaignez-le plus que moi.

* Plaignez-le ; il vous offense , il a trahi son roi.

* Va , je suis dans ces lieux plus puissant que toi-même; "^ Je suis vengé de toi : l'on te hait, et Ton m*aime.

AMELIE.

( à Vamir. ) (au duc. )

* Ah , cher prince !.... Ah , seigneur ! voyez à vos genoux...

hE DUC.

( aux gardes. ) (à Amëlie. )

* Qu*on m'en réponde, allez. Madame, levez-votis.

* Vos prières , vos pleurs en faveur d*im parjure

* Sont un nouveau poison versé sur ma blessure:

* Vous avez mis la mort dans ce cœur outragé;

* Mais , perfide , croyez que je mourrai vengé.

* Adieu : si vous voyez les effets de ma rage ,

* N'en accusez que vous^ nos maux sont votre ouvrage.

AMELIE.

* Je ne vous quitte pas; écoutez-moi , seigneur.

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