‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 285 sur 446 · ALZIRE, ZAMORE, ÉMIRE · texte numérisé non relu

ALZIRE, ZAMORE, ÉMIRE

KAKOmS.

M'bst-ellb enfin rendue ? Est-ce elle que je vois ?

▲ LZIRB.

Ciel ! tels étaient ses traits , sa démarche , sa voix. ( Elle tombe entre les bras de sa confidente. ) Zamore !.... Je succombe , à peine je respire,

ZAMORB.

Reconnais ton amant.

Zamore aux pieds d'Alzire!

Est-ce une illusion ?

ZAXORB.

Non : je revis pour toi ; Je réclame à tes pieds tes sermens et ta foi. O moitié de moi-même ! idole de mon &me! Toi qu'un amour si tendre assurait à ma flamme, Qtt'as^tu fiût des saints nœuds qui nous ont enchaînés ?

ALZIRB.

O jours! 6 doux momens d'horreur empoisonaéa!

Cher et fatal objet de douleur et de joie!

Ah ! Zamore-, en quel temps fiaut-il que je te voie ?

Chaque mot dans mon cœur enfonce le poignard.

Z1.1C0RB.

Tu gémis et me vois.

ALZinE.

Je fai revu trop tard.

ZAMORB.

Le bruit de mon trépas a dii remplir le monde.

J*ai traîné loin de toi ma course vagabonde ^

Depuis que ces brigands, t arrachant à mes bras,

M'enlevèrent mes dieux y mon trône et tes appas.

Sais-tu que ce Gusman, ce destructeur sauvage,

Par des tourmens sans nombre éprouva mon courage ?

Sais-tu que ton amant , à ton lit destiné ,

Chère AIzire , aux bourreaux se vit abandonné?

Tu frémis : tu ressens le courroux qui m'enflamme ;

L'horreur de cette injure a passé dans ton âme.

TJn dieu, sans doute, un dieu qui préside à l'amour,

Dans le sein du trépas me conserva le jour.

Tu n'as point démenti ce grand dieu qui me guide ;

Tu n'es point devenue espagnole et perfide.

On dit que ce Gusman respire dans ces lieux;

Je venais t'arracher à ce monstre odieux.

Tu m'aimes : vengeons-nous ; livre-moi la victime.

▲ LZIEB.

Oui, tu dois te venger , tu dois punir le crime ; Frappe.

ZAMORB.

Que me dis-tu ? Quoi , tes vœux ! quoi , ta foi !

ALZIRB.

Frappe , je suis indigne et du jour et de toi.

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