GUSMAN, ALZIRE, ÉMIRE
▲ LZIBB.
G'bst moi, c'est ton épouse, C'est ce Éatol objet de U foreur jalouse , Qui n'a pu te chérir, qui t'a dû révérer, Qui te plaint , qui t'outrage , et qui vient t'implorar* Je n'ai rien déguisé. Soit grandeur, soit faiblesse , Ma bouche a Eût l'aveu qu'un autre a ma tendresse ; Et ma sincérité, trop foneste vertu, Si mon amant périt, est ce qui l'a perdu. Je vais plus t'ëtonner : ton épouse a l'audace De s'adtesser à toi pour demander sa gr&oe. J'ai cru que don Gusman, tout fier, tout rigoureux, Tout terrible qu'il est, doit être généreux. J'ai pensé qu'un guerrier, jaloux de sa pubsance,
^^e alziae,
Peut metlre Torgueil même à pardonner Toffense :
Une telle vertu ftéduîrait.plus nos cœurs, •
Que tout l'or de ces lieux n éblouit nos Taincpieurs.
Par ce grand changement dans ton âme inhumaine ,
Par un effort si beau tu vas changer la mienne ;
Tu t assures ma foi , mon respect , mon retour,
Tous mes vœux (s il en est qui tiennent lieu d*amour).
Pardonne.... je m*égare.... éprouve mon courage.
Peut-être une Espaginole eût promis davantage;
Elle eût pu prodiguer les charmes de ses pleurs ;
Je n'ai point leurs attraits, et je n'ai point leurs mœurs.
Ce cœur simple, et formé des mains de la nature,
En voulant t'adoucir redouble ton injure :
Mais enfin c'est à toi d'essayer désormais
Sur ce cœur indompté la force des bienfaits.
GUSBEAN.
Eh bien ! si les vertus peuvent tant sur votre âme, Pour en suivre les lois , connaissez-les, madame. Etudiez nos mœurs avant de les blâmer; Ces mœurs sont vos devoirs ; il &ut s'y conformer. Sachez que le premier est d*étouffer l'idée Dont votre âme à mes yeux est encor possédée ç De vous respecter plus, et de n'oser jamais Me prononcer le nom d'un rival que je hais ; D'en rougir la première , et d'attendre en silenoe Ce que doit d'un barbare ordonner ma vengeance. Sachez que votre époux, qu'ont outragé vos feux, S'il peut vous pardonner, est assez généreux. Plus que vous ne pensez je porte un cœur sensible, Et ce n'est pas à vous à me croire inflexible.