ACTE V, SCENE IL
Pat ce déguisement la vue était trompée; A peine entre ses mains j'aperçois une épée ! Entrer, yoler vers nous, s'élancer sur Gusman, L'attaquer, le frapper, n'est pour lui qu'un moment. Le sang de ton époux rejaillit sur ton père : Zamore , au même instant dépouillant sa colère Tombe aux pieds d'Alvarez, et tranquille et soumis , Lui présentant ce fer teint du sang de son fils : « J'ai £aiit ce que j'ai dû , j'ai vengé mon injure; « Fais ton devoir, dit-il, et venge la nature. » Alors il se prosterne, attendant le trépas. Le père tout sanglant se jette entre mes bras; Tout se réveille; on court, on s'avance, on s'écrie, On vole à ton époux, on rappelle sa vie; On arrête son sang, on presse le secours De cet art inventé pour conserver nos jours. Tout le peuple à grands cris demande ton supplice.. Du meurtre de son maître il te croit la complice..
▲ LZIRB.
Vous pourriez !,..
KOIITBZE.
Non, mon cœur ne t'en soupçonne pas:
Non , le tien n'est pas £iit pour de tels attentats; Capable d'une erreur, il ne l'est point d'un crime; Tes yeux s'étaient fermés sur le bord de l'abime. Je le souhaite ainsi ^ je le crois; cependant Ton époux va mourir des coups de ton amant. On va te condamner; tu vas perdre la vie Dans ITiorreur du supplice et dans l'ignominie ; Et je retourne enfin , par un dernier effort , Demander au conseil et ta grâce et ma mort.
▲ LZiaB.
Ma grâce ! à mes tyrans ? les prier ! vous^ mon père p.
THiATHB. TOMB IX. ^5
Osez vivre et m'aimer , c*est ma seule prière.
Je plains Gusman ; son sort a trop de oruauté ;
Et je le plains surtout de Vavoir mérité.
Pour Zamore , il n'a fait que venger son outrage ;
Je ne puis excuser ni blâmer son courage.
J'ai voulu le sauver, je ne m'en défends pas«
Il mourra.... Gardez-vous d'empêcher mon trépas.
KONTÂZB.
O ciel ! inspire-moi , j'implore ta clémence !
(Osort)