ACTE m, SCENE L 53i
De ce conseil affreux n'égalent point rhorreur.
ATIDB.
Mais TOus-même à l'instant, à vos devoirs fidèle, Vous disiez que l'aniour Tons rend trop criminelle.
ZULIMB.
Non, je ne Fai point dit , mon trouble m'emportait; Si je parlais iain^i mon cœur me démentait.
▲TIDB.
Qui ne connaît l'état d'une âme combattue? J'éprouve, croyez-moi, le chagrin qui vous tuej Et ma triste amitié....
ZULIMB.
Vous m'en devez , du moins.
Mais que cette amitié prend de funestes soins ! Ne me parlez jamais que d'adorer Ramire , Redoublez dans mon cœur tout l'amour qu'il m'inspire. Hélas! m'assurez- vous qu'il réponde à mes vœux Comme il le doit, Atide, et comme je le veux?
▲TIDB.
Ce n'est point à des cœurs nourris dans l'amertume, Que la crainte a glacés, que la douleur consume; Ce n'est point à des yeux aux larmes condamnés ^ De lire dans les cœurs des amans fortunés. Est «ce à moi d'observer leur joie et leur caprice ? Ne vous sufBt-il pas qu'on vous rende justice, Qu'on soit à vos bontés asservi pour jamais P
ZULIMB.
Non ; il semble accablé du poids de mes bienfaits ; Son âme est'inquiète, et n'est point attendrie. Atide , il me parlait des lois de sa patrie. 11 est tranquille assez , maître assez de ses tqtox Pour Toir en ma présence un obstacle à nos fient. Ma tendresse un moment s'est sentie alarmée.
6^2 ZULUMTE,
Chère Atide, est-ce ainsi que je dois être aimée ?
Après ce que j*ai £aût| après ma fuite, hélas !...
Atide, il me trahit, s*il ne m'adore pas;
Si de quelque intérêt son Ime est occupée ,
Si je nj suis pas seule , Atide , il m*a trompée.