SCENE CREMIERE
BÉNASSAR, MOHADIR.
MOHAOIB.
CiB dernier trait, sans doute, est le plus criminel.
Je sens le désespoir de ce cœur paternel :
Je partage en pleurant son trouble et sa colère.
Mais TOUS avez toujours des entrailles de père;
Et tous les attentats de ce funeste jour
Ne sont qu*un même crime, et ce crime est Tamour.
Dans son aveuglement Zulime enserelie
Mérite d'être plainte, encor plus que punie;
Et si votre bonté parlait à votre cœur....
BBNASSAR.
Ma bonté fit son crime et fit tout mon malheur. Je me reproche assez mon excès dlndulgence ; Ciel ! tu m*en as donné Thorrible récompense. Ma fille était Tidole à qui. mon amitié, Cette amitié &tale a tout sacrifié.
Je lui tendais les bras quand sa main ennemie Me plongeait au tombeau chargé d'ignominie. Ah ! l'homme inexorable est le seul respecté : Si j'eusse été cruel, on eût moins attenté. La dureté de cœur est le frein légitime Qui peut épouvanter l'insolence et le crime.
Ma facile tendresse enhardit aux for&its :
lie temps de la clémence est passé ponr jamais. '*'
Je vais, en punissant leurs fureurs insensées,
Égaler ma justice à mes bontés passées.
MOHADia.
Je frémis comme tous de toua ces attentats Que lamour £iit commettre en nos brùlans climats. En tout lieu dangereux, il est ici terrible; Il rend plus furieux, plus on est né sensible. Ramire cependant à aes erreurs livré De, leurs cruels poisons semble moins enivré : Vous même Tavez dit, et j*ose le redire. Que ce ménie ennemi , oe malheureux Banûrey Est celui dont le bras vous avait défendu; Qu'il n'a point aujourd'hui démenti sa vertu; Que vous l'avez vu même, en ce combat horrible, Dans ces moroens cruels où Thomme est inflexible, Oii les yeux , les esprits , les sens sont égarés, Détourner loin de vous ses coups désespérés. Respecter votre sang, vous sauver, vous défendre. Et d'un bras assuré , d'un cri terrible et tendre, Arrêter, désarmer ses amis emportés Qui levaient contre vous leurs bras ensanglantés. Oui , j'ai vu le moment où , malgré sa colère , Il semblait «n effet combattre pour son père.
BjiNASSAB.
Ah ! que n'a-t^il plutôt dans oe malheureux flanc Recherché , de ses mains, le reste de mon sang ! Que ne ra-t41 versé, puiscju'il le déshonore ! Mais ma cruelle fille est plus coupable encore. Ce cceur , en un seul jour à jamais égaré, Est hardi dans sa honte, est fiiux, dénaturé; Et , se précipitant d'abîmes ea «bimes,