‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 418 sur 446 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

BÉNASSAR, ZULIME , inifie ûb •« MUau Snt r«fbaoMif»t,

MOHADiR, sniTx.

ZULIMB, jetant ses êrme».

Non, n'allez pas plus loin, frappez; et vous, soldats, Laissez périr Zulime, et ne la vengez pas. Il suffit : votre zèle a servi mon audace. J'ai mérité la mort, méritez votre grâce* Sortez, dis-je.

B^NASSAR.

Ab , cruelle ! est-ce toi que je voi ?

ZULIMB.

Pour la dernière fois, seigneur, écoutez-moi. Oui, cette fille indigne, et de crime enivrée, Vient d'armer contre vous sa main désespérée : J'allais vous arracher, au péril de vos jours, Ce déplorable objet de mes cruels amours.

5fk> ZULIME,

Oui 9 toutes les fureurs ont embrasé Zulime; La nature en tremblait; mais je Tolais au crime. Je vous vois; un regard a détruit mes fureurs; Le fer m*est échappé ; je n'ai plus que des pleurs ; Et ce cœur, tout brûlant d'amour e( d^ colère, Tout forcené qu il est, voit un dieu dans son père. Que ce dieu tonne enfin , qu il frappe de ses coups L'objet , le seul objet d'un si juste courroux. Faut-il pour mes forfiiits que Ramire périsse? Ah ! peut-être il est loin d'en être le complice; Peut-être , pour combler l'horreur on je me voi , Si Ramire est un traître , il ne l'est qu'envers moi. Étouffez dans mon sang ce doute que j'abhorre. Qui déchire mes sens, qui vous outrage encore. J'idolâtre Ramire , et je ne puis , seigneur, Vivre un moment sans lui, ni vivre sans honneur. J'ai perdu mon amant , et mon père, et ma gloire : Perdez de tant d'erreurs la honteuse mémoire; Ârrachez>moi ce cœur que vous m'avez donné, De tous les cœurs, hélas! le plus infortuné. Je baise cette main dont il faut que j'expire; Mais pour prix de mon sang, pardonnez à Ramire; Ayez cette pitié pour mon dernier moment, Et qu'au moins votre fille expire en vous aimant.

BBNASSAR.

O ciel, qui l'entendez ! ô faiblesse d'un père! Quoi ! ses pleurs à ce point fléchiraient ma colère! Me faudra-t-il les perdre, ou les sauver tous deux? Faut-il, dans mon courroux, faire trois malheureux? Ciel , prête tes clartés à mon ftme attendrie! L'une est ma fille , hélas ! l'autre a sauvé ma vie; La mort , la seule mort peut briser leurs liens. Gardes , que l'on m'amène et Ramire et les siens.

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