SR
loo ADELAÏDE DU GUESCLIN,
ADELAÏDE
Non y crud ; c'est à moi de mourir.
Tai tout fait ; c'est par moi que ta garde est séduite ; J'ai gagné tes soldats y j'ai préparé ma fuite : Punis ces attentats j et ces crimes si grands , De sortir d'esclavage, et de fuir ses tyrans : •Mais respecte ton frère , et sa femme , et toi'^néme ; Il ne t'a point trahi, c'est un frère qui t'aime; Il voulait te servir, quand tu veux l'opprimer. Quel crime a-t*il commis, cruel, que de m'aimer? L'amour, n'est^il en toi qu'un juge inexorable?
VENDÔME
Plus vous le défendez, plus il devient coupable;
C'est vous qui le perdez , vous qui l'assassinez ;
Vous par qui tous nos jours étaient empoisonnés ;
Vous qui, pour leur malheur, armiez des mains si chères,
Puisse tomber sur vous tout le^^ng des deux frères !
Vous pleurez ! mais vos pleurs ne peuvent me tromper ;
Je suis prêt à mourir , et prêt à le frapper.
Mon malheur est au comble , ainsi que ma faiblesse.
Oui, je vous aime encor; le temps, le péril presse;
Vous pouvez à l'instant parer le coup mortel;
Voilà ma main, venez : sa grâce est à l'autel.
ADELAÏDE
Moi, seigneur?
VENDÔME
C'est assez.
ADELAÏDE
Moi , que je le trahisse !
Arrêtez.... répondez....
ADELAÏDE
Je ne puis. \