‹ ThéatreChapitre 133 sur 520 · ACTE IV, SCENE vir. m · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE vir. m

Vous la verrez sans doute avec indifférence , Sans que le repentir succède à la vengeance. Sans que l'amour sur vous en repousse les traits:

OROSMANE

Corasmin , je l'adore encor plus que jamais.

CORASMIN.

Vous? ô ciel! vous?

OROSMANE

Je vois un rayon d'espérance.

Cet odieux chrétien , l'élève de la France, Est jeune , impatient , léger, présomptueux ; II peut croire aisément ses téméraires vœux. Son amour indiscret, et plein de confiance , Aura de ses soupirs hasardé l'insolence ; Un regard de Zaïre aura pu l'aveugler : Sans doute il est aisé de s'en laisser troubler. 11 croit qu'il est aimé , c'est lui seul qui m'offense ; Peut-être ils ne sont point tous deux d'intelligence. Zaïre n'a point vu ce billet criminel , Et j'en croyais trop tôt mon déplaisir mortel. Corasmin, écoutez... Dès que la nuit plus somure Aux crimes des mortels viendra prêter son ombre , Sitôt que ce chrétien chargé de mes bienfaits, Nérestan, paraîtra sous les murs du palais, .\yez soin qu'à l'instant ma garde le saisisse ; Qu'on prépare pour lui le plus honteux supplice, Et que chargé de fers il me soit présenté. Laissez surtout, laissez Zaïre en liberté, lu vois mon cœur, tu vois à ([uel excès je l'aime 1 Ma fureur est plus grande, et j'en tremble moi-môme. J'ai honte des douleurs où je me suis plongé : Mais malheur aux ingrats qui m'auront outragé!

VULTAUtE. TllEATRC. IG

iH'i ZAÏRE.

Page 1