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SCÈNE VIII

OROSMANE, CORASMIN.

OROSMANE

^li! trop cruel ami, quoi! vous m'abandonnez!

18C ZAÏRE

Venez. A-t-il paru, ce rival, ce coupable?

GORASMIN.

Rien ne paraît encore.

OROSMANE

O nuit , nuit effroyable, Peux-tu prêter ton voile à de pareils forfaits ? Zaïre!... l'infidèle!., après tant de bienfaits! J'aurais d'un œil serein , d'un front inaltérable, Contemplé de mon rang la cbute épouvantable ; J'aurais su, dans l'horreur de la captivité, Conserver mon courage et ma tranquillité : Mais me voir à ce point trompé par ce que j'aime !

CORASMIiN.

Eh ! que prétendez- vous dans cette horreur extrême? Quel est votre dessein?

OROSMANE

N'entendS'tu pas des cris ?

CORASMIN.

Seigneur...

OROSMANE

Un bruit affreux a frappé mes esprits. . On vient.

CORASiUliN.

Non, jusqu'ici nul mortel ne s'avance; Le sérail est plongé dans un profond silence; Tout dort , tout est tranquille ; et l'ombre de la nuit...

OROSMANE

Hélas ! le crime veille , et son horreur me suit.

A ce coupable excès porter sa hardiesse !

Tu ne connaissais pas mon cœur et ma tendresse!

Combien je t'adorais ! quels feux ! A.h ! Corasmin ,

Un seul de ses regards aurait fait mon destin :

Je ne puis être heureux, ni souffrir, que par elle.

Prends pitié de ma rage. Oui, cours... Ah! la cruellel

CORASMIN.

Est-ce vous qui pleurez ? vous , Orosmaue? ô cieux !

OROSMANE

Voilà les premiers pleurs qui coulent de mes yeux. Tu vois mon sort, tu vois la honte où je me livre : Mais ces pleurs sont cruels , et la mort va les suivre . Plains Zaïre, plains-moi. L'heure approche: ces pleurs,

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