ACTE 11, SCEINE IV
JOCASTE
Non , je ne le crois point, et c'est vous faire injure
Que daigner un raomenl combattre l'imposture,
Totre cœur m'est connu , vous avez eu ma foi ,
Et vous ne pouvez point être indigne de moi.
Oubliez ces Tbébains que les dieux abandonnent ,
Trop dignes de périr depuis qu'ils vous soupçonnent.
Fuyez-moi , c'en est fait : nous nous aimions en vain ;
Les dieux vous réservaient un plus noble destin ;
Vous étiez né pour eux : leur sagesse profonde
•}s'a pu fixer dans Tlièbe un bras utile au monde,
■NM souffrir que l'amour, remplissant ce grand cœur,
Enchaînât près de moi votre obscure valeur.
Non , d'un lien charmant le soin tendre et timide
Ne doit point occuper le successeur d'Alcide :
De toutes vos vertus comptable à leurs besoins,
Ce n'est qu'aux malheureux que vous devez vos soins.
Déjà de tous côtés les t}rans reparaissent;
Hercule est sous la tombe , et les monstres renaissent :
Allez , libre des feux dont vous fûtes épris ;
Partez , rendez Hercule à l'univers surpris.
Seigneur, mon époux vient, souffrez que je vous laisse : ..
Non que mon cœur troublé redoute sa faiblesse;
Mais j'aurais trop peut-être à rougir devant vous , Puisque je vous aimais, et qu'il est mon époux.