‹ ThéatreChapitre 155 sur 520 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

lelle bassesse, 6 ciel! et quelle ignominie! >'là donc les soutiens de ma triste patrie!

Voilà vos successeurs , Horace , Décius ;

Et. toi vengeur des lois , toi , mon sang , toi , Bru lu s !

Quels restes, justes dieux , de la grandeur romaine!

Chacun baise en tremblant la main qui nous enchaîne.

César nous a ravi jusques à nos vertus ;

JA je cherche ici Rome , et ne la trouve plus. .

Vous que j'ai vus périr, vous , immortels courages , ;

Héros , dont en pleurant j'aperçois les images ,

Famille de Pompée , et toi , divin Caton ,

Toi , dernier des héros du sang de Scipion ,

Vous ranimez en moi ces vives étincelles [

Des vertus dont brillaient vos âmes immortelles ;

Vous vivez dans Brutus , vous mettez dans mon seui ,

Tout l'honneur qu'un tyran ravit au nom romain.

Que vois je , grand Pompée , au pied de ta statue ?

Quel billet , sous mon nom , se présente à ma vue ?

Lisons : « Tu dors , Brutus , et Rome est dans les fers . «

Rome , mes yeux sur toi seront toujours ouverts ;

Ne me reproche point des chaînes que j'abhorre.

Mais quel autre billet à mes yeux s'offre encore ?

« Non , tu n'es pas Brutus ! « Ah ! reproche cruel ! i

César, tremble , tyran ! voilà ton coup mortel ! ;

« Non , tu n'es pas Brutus ! » Je le suis , je veux l'être. ,

Je périrai , Romains , ou vous serez sans maître.

Je vois que Rome encore a des cœurs vertueux : On demande un vengeur, on a sur moi les yeux ; ;

On excite cette âme , et cette main trop lente ; ;

On demande du sang... Rome sera contente. |

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