ACTE ÎI, SCÈNE l
riilLOCTÈTE.
Eh ! quel serait mon crimo?
Si ce fer chez les morts eût fait tomber Laïiis, Cf n'eût été pour moi qu'un triompliede phis. Un mi pour ses sujets est un dieu qu'on révèi'e; iN'Ui lltrcule et pour moi , c'est un homme jûidmairc. J'ai défendu des rois; et vous devez songer Que i'ai pu les combattre, ayant pu les venger.
Je connais Philoctète à ces illustres marques^
Des guerriers comme vous sont égaux aux monarques;
Je le sais : cependant , prince , n'en doutez pas ,
Le vainqueur de Laïus est digne du trépas;
Sa tête répoudra des mallieurs de l'empire:
Et vous...
PHlLOCTi:;TE.
Ce n'est point moi : ce mot doit vous suffire. Seigneur, si c'était moi, j'en ferais vanité : En vous parlant ainsi, je dois être écouté. C'est aux hommes communs , aux âmes ordinaires , A se justifier par des moyens vulgaires ; Mais un prince , un guerrier tel que vous , tel que moi . Quand il a dit un mot , en est cru sur sa foi. Du meurtre de Laïus Œdipe me soupçonne; Ah ! ce n'est point à vous d'en accuser personne : Son sceptre et son épouse ont passé dans vos bras , C'est vous qui recueillez le fruit de son trépas. Ce n'est pas moi surtout de qui l'heureuse audace Disputa sa dépouille et demanda sa place. Le trône est un objet qui n'a pu me tenter: ■
Hercule à ce haut rang dédaignait de monter. Toujours libre avec lui , sans sujets et sans maître , J'ai fait des souverains, et n'ai point voulu l'être. -Mais c'est trop me défendre et trop m'humilier : La vertu s'avilit à se justifier.
OEDII'i:.
Voire vertu m'est chère, et votre orgueil m'offense. ÎJTï""wnstngera , prnice; et si votre innocence De l'équité des lois n'a rien à redouter, Avec plus de splendeur elle en doit éclater. Demeurez parmi nous...
PHILOCTÈTE
J 'y resterai, sans doute .
Il y va de ma gloire ; zt le ciel qui m'écoute Ne me verra partir que vengé de l'affront Dont vos soupçons hontea.v ont fait rougir mon front.