Z.\M0RE
M'pst-elle enfin rendue ? Est-ce elle que je vois ?
ALZUiF-
Ciel! tels étaient ses traits, sa démarche , sa voix.
(Elle tombe dans les bras de sa confideule. )
Zamorel... Je succombe; à peine je respire.
Reconnais ton amant.
ALZIRE
Zamore aux pieds d'Alzire I Est-ce une illusion .'
ZAMORE
Non : je revis [)Our toi ; Je réclame à tes pieds tes serments et ta foi. O moitié de moi-même ! idole de mon àme! Toi «[u'un amour si tendre assurait à ma Hamnie , Qu'as-tu fait des saints nœuds qui nous ont euchaïuds?
ALZIRE
ALZIRE
O jours ! ô doux moments d'horreur empoisonnés ! Cher et fatal objet de douleur et de joie ! Ah! Zamore , en quel temps faut-il que je te voie? Chaque mot dans mon cœur enfonce le poignard.
ZAMORE
Tu gémis et me vois.
ALZIRE
Je t'ai revu trop tard.
ZAIilORE.
Le bruit de mon trépas a dû remplir le monde.
J'ai traîné loin de toi ma course vagabonde ,
Depuis que ces brigands , t'arrachant à mes bras ,
M'enlevèrent mes dieux , mon trône , et tes appas.
Sais-tu que ce Gusman , ce destructeur sauvage ,
Par des tourments sans nombre éprouva mon courage?
Sais-tu que ton amant , à ton lit destiné ,
Chère Aizire, aux bourreaux se vit abandonné?
Tu frémis , tu ressens le courroux qui m'enflamme ;
L'horreur de cette injure a passé dans ton âme.
In dieu , sans doute , un dieu qui préside à l'amour
Dans le sein du trépas me conserva le jour.
Tu n'as point démenti ce grand dieu qui me guide,:
Tu n'es point devenue Espagnole et perfide.
On dit que ce Gusman respire dans ces lieux ;
Je venais t' arracher à ce monstre odieux.
Tu m'aimes : vengeons-nous ; livre-moi la victune.
ALZIRE
Oui , tu dois te venger, tu dois punir le crime; Frappe.
ZAMORE
Que me dis-tu ? Quoi , tes vœux ! quoi , ta foi.
ALZIRE
Frappe , je suis indigne et du jour et de toi.
ZAMORE
Ah , Montèze ! ah , cruel ! mon cœur n'a pu te croire.
A-t-il osé t'apprendre une action si noire? Sais-tu pour quel époux j'ai pu t'abandonner?
ZAMORE
Non, mais parle : aujourd'hui rien ne peut m'étonner.