‹ ThéatreChapitre 196 sur 520 · Z.\M0RE · texte numérisé non relu

Z.\M0RE

M'pst-elle enfin rendue ? Est-ce elle que je vois ?

ALZUiF-

Ciel! tels étaient ses traits, sa démarche , sa voix.

(Elle tombe dans les bras de sa confideule. )

Zamorel... Je succombe; à peine je respire.

Reconnais ton amant.

ALZIRE

Zamore aux pieds d'Alzire I Est-ce une illusion .'

ZAMORE

Non : je revis [)Our toi ; Je réclame à tes pieds tes serments et ta foi. O moitié de moi-même ! idole de mon àme! Toi «[u'un amour si tendre assurait à ma Hamnie , Qu'as-tu fait des saints nœuds qui nous ont euchaïuds?

ALZIRE

ALZIRE

O jours ! ô doux moments d'horreur empoisonnés ! Cher et fatal objet de douleur et de joie ! Ah! Zamore , en quel temps faut-il que je te voie? Chaque mot dans mon cœur enfonce le poignard.

ZAMORE

Tu gémis et me vois.

ALZIRE

Je t'ai revu trop tard.

ZAIilORE.

Le bruit de mon trépas a dû remplir le monde.

J'ai traîné loin de toi ma course vagabonde ,

Depuis que ces brigands , t'arrachant à mes bras ,

M'enlevèrent mes dieux , mon trône , et tes appas.

Sais-tu que ce Gusman , ce destructeur sauvage ,

Par des tourments sans nombre éprouva mon courage?

Sais-tu que ton amant , à ton lit destiné ,

Chère Aizire, aux bourreaux se vit abandonné?

Tu frémis , tu ressens le courroux qui m'enflamme ;

L'horreur de cette injure a passé dans ton âme.

In dieu , sans doute , un dieu qui préside à l'amour

Dans le sein du trépas me conserva le jour.

Tu n'as point démenti ce grand dieu qui me guide,:

Tu n'es point devenue Espagnole et perfide.

On dit que ce Gusman respire dans ces lieux ;

Je venais t' arracher à ce monstre odieux.

Tu m'aimes : vengeons-nous ; livre-moi la victune.

ALZIRE

Oui , tu dois te venger, tu dois punir le crime; Frappe.

ZAMORE

Que me dis-tu ? Quoi , tes vœux ! quoi , ta foi.

ALZIRE

Frappe , je suis indigne et du jour et de toi.

ZAMORE

Ah , Montèze ! ah , cruel ! mon cœur n'a pu te croire.

A-t-il osé t'apprendre une action si noire? Sais-tu pour quel époux j'ai pu t'abandonner?

ZAMORE

Non, mais parle : aujourd'hui rien ne peut m'étonner.

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