ACTE IV , SCÈNE IV
Il court à la prison. Déjà la nuit plus sombre Couvre ce grand dessein du secret de son ombre. Fatigués de carnage et de sang enivrés , Les tyrans de la terre au sommeil sont livrés.
ALZIRE
Allons, que ce soldat nous conduise à la porte : Qu'on ouvre la prison , que l'innocence en sorte.
ÉMIRE
Il vous prévient déjà ; Céphane le conduit.
Mais si l'on vous rencontre en cette obscure nuit,
Votre gloire est perdue, et cette honte extrême...
ALZIRE
Va , la honte serait de traliir ce que j'aime.
Cet lionneur étranger, parmi nous inconnu,
N'est qu'un fantôme vain qu'on prend pour la vertu :
C'est l'amour de la gloire, et non de la justice,
La crainte du reproche, et non celle du vice.
Je fus instruite, Émire, en ce grossier climat,
A suivre la vertu sans en chercher l'éclat.
L'honneur est dans mon cœur, et c'est lui qui m'ordonne
De sauver un héros que le ciel abandonne.