‹ ThéatreChapitre 206 sur 520 · ACTE IV , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE IV

Il court à la prison. Déjà la nuit plus sombre Couvre ce grand dessein du secret de son ombre. Fatigués de carnage et de sang enivrés , Les tyrans de la terre au sommeil sont livrés.

ALZIRE

Allons, que ce soldat nous conduise à la porte : Qu'on ouvre la prison , que l'innocence en sorte.

ÉMIRE

Il vous prévient déjà ; Céphane le conduit.

Mais si l'on vous rencontre en cette obscure nuit,

Votre gloire est perdue, et cette honte extrême...

ALZIRE

Va , la honte serait de traliir ce que j'aime.

Cet lionneur étranger, parmi nous inconnu,

N'est qu'un fantôme vain qu'on prend pour la vertu :

C'est l'amour de la gloire, et non de la justice,

La crainte du reproche, et non celle du vice.

Je fus instruite, Émire, en ce grossier climat,

A suivre la vertu sans en chercher l'éclat.

L'honneur est dans mon cœur, et c'est lui qui m'ordonne

De sauver un héros que le ciel abandonne.

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