‹ ThéatreChapitre 250 sur 520 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

MAHOMET, OMAR, SÉIDE

MAHOMET

Enfant d'un dieu qui parle à votre cœur, Écoutez par ma voix sa volonté suprême : Il faut venger son culte, il faut venger Dieu mêiiv.

SÉIDE

Roi , pontife et prophète , à qui je suis voué , Maître des nations , par le ciel avoué , Vous avez sur mon être une entière puissance : Éclairez seulement ma docile ignorance.

Un mortel venger Dieu !

MAHOMET-

C'est par vos faibles mains Qu'il veut épouvanter les profanes humains.

SÉIDE

Ah! sans doute ce Dieu, dont vous êtes l'image, Va d'un combat illustre honorer mon courage.

MAHOMET

|Faites ce qu'il ordonne , il n'est point d'autre honneur. 3e ses décrets di\ins aveugle exécuteur, Vdorez et frappez ; vos mains seront armées ar l'ange de la mort et le dieu des arraé^.

SÉIDE

Parlez : quels ennemis vous faut-il immoler?

Quel lyran faut-il perdre? et quel sang doit couler?

MAHOMET

Le sang du meurtrier que Mahomet abhorre, Quinous persécuta, qui nous poursuit encore, Qui combattit mon dieu , qui massacra mon fils j Le sang du plus cruel de tous nos ennemis, De Zopire.

sÉmE.

De lui ! quoi! mon bras...

MAHOMET

Téméraire , On devient sacrilège alors qu'on déhbère. Loin de moi les mortels assez audacieux Pour juger par eux-même , et pour voir par leurs yeuxî Quiconque ose penser n'est pas né pour me croire. Obéir en silence est votre seule gloire. Savez-vous qui je suis? Savez-vous en quels lieux Ma voix vous a chargé des volontés des cieux? Si , malgré ses erreurs et son idolâtrie. Des peuples d'Orient la Mecque est la patrie ; Si ce temple du monde est promis à ma loi; Si Dieu m'en a créé le pontife et le roi ; Si la Mecque est sacrée, en savez-vous la cause? Ibrahim y naquit, et sa cendre y repose : Ibrahim , dont le bras, docile à l'Éternel, Traîna son fils unique aux marches de l'autel, Étouffant pour son dieu les cris de la nature. Et quand ce dieu par vous veut venger son injure, Quand je demande un sang à lui seul adressé , Quand Dieu vous a chi^isi, vous avez balancé! Allez , vil idolâtre , et né pour toujours l'être , Indigne musulman, cherchez un autre maître. Le prix était tout prêt ; Palmire était à vous : Mais vous bravez Palmire et le ciel en courroux. Lâche et faible instrument des vengeances suprêmes. Les traits (jue vous portez vont tomber sur vous-mêmes. Fuyez , servez , rampez , sous mes fiers ennemis.

SÉmE.

Je crois entendre Dieu ; tu parles , j'obéis.

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