ACTK III, SCÈNE IX
ZOPIRE
Quoi! tn ne connais point de qui tu tiens la vie?
SÉI!»E.
Son camp lut mon berceau , son tem[)Ie est ma patrie ; Je n'en connais point d'autre ; et , parmi ces enfants Qu'en tribut à mon maître on offre tous les ans , ]\ul n'a plus que Séide éprouvé sa clémence.
ZOPIRE
Je ne puis le blâmer de sa reconnaissance.
Oui , les bienfaits , Séide , ont des droits sur un cœur.
Ciel! pourquoi Mahomet fut-il son bienfaiteur?
Il t'a servi de père, aussi bien qu'à l^alra ire.
D'où vient que tu frémis, et que ton coeur soupire?
Tu détournes de moi ton regard égaré ;
De quelque grand remords tu semblés déchiré.
SÉIDE
Eh ! qui n'en aurait pas dans ce jour effroyable ?
ZOPIRE
Si tes remords sont vrais , ton cœur n'est plus coupable. Viens , le sang va couler; je veux sauver le tien.
fïÉiDE.
Juste ciel! et c*est moi qui répandrais le sîen !
O serments! ÔPalmire! ô vous, dieu des veiageances !
ZOPIRE
Remets-toi dans mes mains ; tremble, si tu balancées î Pour la dernière fois viens , ton sort en dépend.