‹ ThéatreChapitre 304 sur 520 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MÉROPE, POLYPHO?sTE,ÉROX, IS.VIÉME , siitr.

rOLYPHONTE.

Le trône tous attend , et les autels sont prêts; iL'hymen qui va nous joindre unit nos intérêts. Comme roi, comme époux , le devoir me commande Que je venge le meurtre, et que je vous défende. Deux complices déjà , par mon ordre saisis, iVont payer de leur sang le sang de votre fils. Mais , malgré tous mes soins , votre lente vengeance A bien mal secondé ma prompte vigilance. J'avais à votre bras remis cet assassin ; Vous-même, disiez-vous, deviez percer son sein.

MÉROPE

Plût aux dieux que mon bras fût le vengeur du crime!

POLYPHONTE

D'est le devoir des rois, c'est le soin qui m'anime.

MÉROPE

^^ous ?

POLYPHONIE

Pourquoi donc, madame, avez-vous différé .' ^otre amour pour un fils serait-il altéré?

MÉROPE

uissent ses ennemis périr dans les supplices! lais si ce meurtrier, seigneur, a des complices; >i je pouvais par lui reconnaître le bras, iB bras dont mon époux a reçu le trépas... 'eux dont la race impie a massacré le père

oiirsuivront à jamais et le fils et la mère.

i l'on pouvait...

POLYPHONTE

C'est là ce que je veux savoir; tdéjà le coupable est mis en mon pouvoir.

MÉROPE

; est cnlrc vos mains.'

390 iViKKOi^t.

POLYPIIONTE

Oui , madame , et j'espèn- Percer, en lui parlant, ce ténébreux mystère.

MÉROPE

Ah! barbare!... A moi seule il faut qu'il soit remis. Reridez-moi... Vous savez que vous l'avez promis.

(à part. )

O mon sang! ômon fils! quel sort on vous prépare!

(à Polyphonie.) Seigneur, ayez pitié...

11 mourra.

Lui?

POLYPHONIE

Quel transport vous égare

MÉROPE

POLYPIÎONTE.

Sa mort pourra vous consoler.

MÉROPE

Ah ! je veux à l'instant le voir et lui parler.

POLYPnONTE.

Ce mélange inouï d'horreur et de tendresse , Ces transports dont votre âme à peine est la maîtresse . Ces discours commencés , ce visage interdit , Pourraient de quelque ombrage alarmer mon esprit. Maisj)uis-je m'expHquer avec moins de contrainte.^ D'un déplaisir nouveau votre àrae semble atteinte. Qu'a donc dit ce vieillard que l'on vient d'amener.^ Pourquoi fuit-il mes yeux.^ que dois-je en soupçonner .!* Quel est-il.?

MÉROPE

Eh ! seigneur, à peine sur le trône , La crainte , le soupçon , déjà vous environne !

POLYPHONTE

Partagez donc ce trône : et, sûr de mon bonheur, Je verrai les soupçons exilés de mon cœur. L'autel attend déjà Mérope et Polyphonte.

MÉROPE, en pleurant.

Les dieux vous ont donné le trône de Cresphonte; Il y manquait sa femme ; et ce comble d'horreur, Ce crime épouvantable...

ISMÉNIE

Eh ! madame!

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