ASSUR, AZÉMA
ASSUB.
Madame, son audace est trop longtemps soufferte. Mais puis-je en liberté m'expliquer avec vous Sur un sujet plus noble et plus digne de nous?
AZÉMA
tu est-il ? mais parlez.
ASSUR
Bientôt l'Asie entière Sous vos pas et les miens ouvre une autre carrière : Les faibles intérêts doivent peu nous frapper ; L'univers nous appelle, et va nous occuper. Sémiramis n'est plus que l'ombre d'elle-même ; Le ciel semble abaisser cette grandeur suprême : Cet astre si brillant , si longtemps respecté , Penche vers son déclin , sans force et sans clarté. On le voit , ou murmure , et déjà Babylone Demande à haute voix un héritier du trône. Ce mot en dit assez ; vous connaissez mes droits : Ce n'est point à l'amour à nous donner des rois. Non qu'à tant de beautés mon âme inaccessible Se fasse une vertu de paraître insensible ; Mais pour vous et pour moi j'aurais trop à rougir, Si le sort de l'État dépendait d'un soupir ; Un sentiment plus digne et de l'un et de l'autre Doit gouverner mon sort, et commander au vôtre. Vos aïeux sont les miens, et nous les trahissons; Nous perdons l'univers, si nous nous divisons. Je puis vous étonner ; cet austère langage Effarouche aisément les grâces de votre âge : Mais je parle aux héros, aux rois dont vous sortez, A tous ces demi-dieux que vous représentez. Longtemps, foulant aux pieds leur grandeur et leur cendre, Usurpant un pouvoir où nous devons prétendre, Donnant aux nations ou des lois , ou des fers , Une femme irtiposa silence à l'univers.
ACTli II, SCÈ.XE IV. ■ ^^
De sa grandeur qui tombe affermissezl'ouvrage- Elle eut votre beauté, possédez son courage. ' L amour a vos genoux ne doit se présenter 3ue pour vous rendre un sceptre , et non pour vous i'ôter . est ma mam qu, vous l'offre, et du moins je me flatte îoe vous n'immolez pas à l'amour d'un Sarmate .a majesté d'un nom qu'il vous faut respecter .1 le trône du monde où vous devez monter. '
AZÉMA
leposez-vous sur moi, sans insulter \r7ace
»u somde maintenir la splendeur de ma race.
e défendrai surtout , quand il en sera temps ,
es droits que m'ont transmis les rois dont je descends
3 connais vos aïeux ; mais , après tout, j'ignore
' parmi ces héros, que l'Assvrie adore
en est un plus grand , plus chéri des humains,
ue ce même Sarmate, objet de vos dédains
ax vertus , croyez-moi , rendez plus de justice
)ur moi. quand il faudra que l'hymen m'asservisse,
est a Sémiramis a faire mes destins
-J'attendrai, seigneur, un maître de'ses mains.
icoute peu ces bruits que le peuple répète ,
:hos tumultueux d'une voix plus secrète
gnore si vos chefs , aux révoltes poussés ,
• servir une femme en secret sont lassés :
les vois a ses pieds baisser leur têteaitière •
peuvent murmurer, mais c'est dans la poussière
s dieux , dit-on , sur elle ont étendu leur bras •
pore son offense , et je ne pense pas ,
Je ciel a parlé, seigneur, qu'il vous choisisse
«ir annoncer son ord,e, et servir sa justice
e règne , en un mot. Et vous qui gouvernez
"S prenez à ses pieds les lois que vous donnez •
ne connais ici que son pouvoir suprême •
lîloire est d'obéir; obéissez de même.