‹ ThéatreChapitre 327 sur 520 · ASSUR, AZÉMA · texte numérisé non relu

ASSUR, AZÉMA

ASSUB.

Madame, son audace est trop longtemps soufferte. Mais puis-je en liberté m'expliquer avec vous Sur un sujet plus noble et plus digne de nous?

AZÉMA

tu est-il ? mais parlez.

ASSUR

Bientôt l'Asie entière Sous vos pas et les miens ouvre une autre carrière : Les faibles intérêts doivent peu nous frapper ; L'univers nous appelle, et va nous occuper. Sémiramis n'est plus que l'ombre d'elle-même ; Le ciel semble abaisser cette grandeur suprême : Cet astre si brillant , si longtemps respecté , Penche vers son déclin , sans force et sans clarté. On le voit , ou murmure , et déjà Babylone Demande à haute voix un héritier du trône. Ce mot en dit assez ; vous connaissez mes droits : Ce n'est point à l'amour à nous donner des rois. Non qu'à tant de beautés mon âme inaccessible Se fasse une vertu de paraître insensible ; Mais pour vous et pour moi j'aurais trop à rougir, Si le sort de l'État dépendait d'un soupir ; Un sentiment plus digne et de l'un et de l'autre Doit gouverner mon sort, et commander au vôtre. Vos aïeux sont les miens, et nous les trahissons; Nous perdons l'univers, si nous nous divisons. Je puis vous étonner ; cet austère langage Effarouche aisément les grâces de votre âge : Mais je parle aux héros, aux rois dont vous sortez, A tous ces demi-dieux que vous représentez. Longtemps, foulant aux pieds leur grandeur et leur cendre, Usurpant un pouvoir où nous devons prétendre, Donnant aux nations ou des lois , ou des fers , Une femme irtiposa silence à l'univers.

ACTli II, SCÈ.XE IV. ■ ^^

De sa grandeur qui tombe affermissezl'ouvrage- Elle eut votre beauté, possédez son courage. ' L amour a vos genoux ne doit se présenter 3ue pour vous rendre un sceptre , et non pour vous i'ôter . est ma mam qu, vous l'offre, et du moins je me flatte îoe vous n'immolez pas à l'amour d'un Sarmate .a majesté d'un nom qu'il vous faut respecter .1 le trône du monde où vous devez monter. '

AZÉMA

leposez-vous sur moi, sans insulter \r7ace

»u somde maintenir la splendeur de ma race.

e défendrai surtout , quand il en sera temps ,

es droits que m'ont transmis les rois dont je descends

3 connais vos aïeux ; mais , après tout, j'ignore

' parmi ces héros, que l'Assvrie adore

en est un plus grand , plus chéri des humains,

ue ce même Sarmate, objet de vos dédains

ax vertus , croyez-moi , rendez plus de justice

)ur moi. quand il faudra que l'hymen m'asservisse,

est a Sémiramis a faire mes destins

-J'attendrai, seigneur, un maître de'ses mains.

icoute peu ces bruits que le peuple répète ,

:hos tumultueux d'une voix plus secrète

gnore si vos chefs , aux révoltes poussés ,

• servir une femme en secret sont lassés :

les vois a ses pieds baisser leur têteaitière •

peuvent murmurer, mais c'est dans la poussière

s dieux , dit-on , sur elle ont étendu leur bras •

pore son offense , et je ne pense pas ,

Je ciel a parlé, seigneur, qu'il vous choisisse

«ir annoncer son ord,e, et servir sa justice

e règne , en un mot. Et vous qui gouvernez

"S prenez à ses pieds les lois que vous donnez •

ne connais ici que son pouvoir suprême •

lîloire est d'obéir; obéissez de même.

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