ACTE IV, SCÈNE II
Vous achetiez sa nioit avec mon hyménée. La vengeance à ce point a pu vous captiver : L'amour fera-t-il moins ([uand il faut le sauver?
MÉROPE
Quoi, barbare !
POLYPHONIE
Madame, il y va de sa vie.
Votre âme en sa faveur paraît trop attendrie Pour vouloir exposer à mes justes rigueurs, Par d'imprudents refus , l'objet de tant de pleurs.
MÉROPE
Seigneur, que de son sort il soit du moins le maître. Daignez...
POLYPHONIE
C'est votre fils , madame , ou c'est un traître. Je dois ni'unir à vous pour lui servir d'appui ; Ou je dois me venger et de vous et de lui. C'est à vous d'ordonner sa grâce ou son supplice. Vous êtes , en un mot, sa mère , ou sa complice. Choisissez ; mais sachez qu'au sortir de ces lieux Je ne vous en croirai qu'en présence des dieux. Vous , soldats , qu'on le garde ; et vous , que l'on me suive.
(à Mérope. ) Je vous attends ; voyez si vous voulez qu'il vive ; Déterminez d'un mot mon esprit incertain; Confirmez sa naissance en me donnant la main. Votre seule réponse ou le sauve ou l'opprime. Voilà mon fils , madame , ou voilà ma victime. Adieu.
MÉROPE
Ne m'ôtez pas la douceur de le voir ; Rendez-le à mon amour, à mon vain désespoir.
POLYTHOME.
Vous le verrez au temple.
ÉGISTHE, que les soldats cmiiirnciit.
0 reine auguste et chère, 0 vous que j'ose à peine encor nommer ma mère. Ne faites rien d'indigne et de vous et de moi I Si je suis votre fils, je sais mourir en roi.
VOLIMUE. THÉVTRE,
398 MÉROPE