‹ ThéatreChapitre 37 sur 520 · ACTE V, SCÈ^^E II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈ^^E II

OEDWE.

Icare!...

ICARE

Avec regret Je révèle en tremblant ce terrible secret; Mais il le faut, seigneur; et toute la province...

OEDIl'E.

Je ne suis point son fils !

ICARE

>'on , seigneur; et ce prince A tout dit en mourant. De ses remords pressé, Pour le sang de nos rois il vous a renoncé; Et moi , de son secret confident et complice , Craignant du nouveau roi la sévère justice, Je venais implorer votre appui dans ces lieux.

Je n'étais point son fds ! et qui suis-je , grands dieux ?

ICARE

Le ciel, qui dans mes mains a remis votre enfance, D'une profonde nuit couvre votre naissance; Et je sais seulement qu'en naissant condamné, Et sur un mont désert à périr destiné, La lumière sans moi vous eût été ravie.

,^ftSi aonc mon mallipiir rnmnipnrp .ivpr. niA vift; ,^

J'étais dès le berceau l'horreur de ma maisi Où tombai-je en vos mains .^

ICARE

Sur le mont Citliéron.

OEorrE.

Près de Thèbe ?

IC\RE

Un Thébain , qui se dit votre père , Exposa votre enfance en ce lieu solitaire. Quelque dieu bienfaisant âiiida vers vous mes^jas :, La pitié me saisit , je vous pris dans mes bras ; Je ranimai dans vous la chaleur presque éteinte. Vous viviez; aussitôt je vous porte à Corinlhe; Je vous présente au prince : admirez votre sort î Le prince vous adopte au lieu de son fils mort; Et, par ce coup adroit, sa politique heureuse

Affermit pour jamais sa puissance douteuse. Sous le nom de son (ils, vous fûtes élevé Par cette môme main qui vous avait sau^ é. Mais le trône en effet n'était point votre place ; L'intérêt vous y mit, le remords vous en chasse.

O vous qui présidez aux fortimes des rois, Dieux ! faut-il en un jour m'accabler tant de lois. Et , préparant vos coups par vos trompeurs oracles , Contre un faible mortel épuiser les miracles? Mais ce vieillard , ami , de qui tu m'as reçu , Depuis ce temps fatal ne l'as-tu jamais vu?

ICARE

Jamais ; et le trépas vous a ravi peut-être

Le seul qui vous eût dit quel sang vous a fait naître.

Mais longtemps de ses traits mon esprit occupé

De son image encore est tellement frappé.

Que je le connaîtrais s'il venait à paraître.

Malheureux ! eh! pourquoi chercher à le connaître?

Je devrais bien plutôt, d'accord avec les dieux ,

Chérir l'heureux bandeau qui me couvre les yeux.

J'entrevois mon destin ; ces recherches cruelles

Ne me découvriront que des horreurs nouvelles.

Je le sais ; mais , malgré les maux que je prévoi ,

Un désir curieux m'entraîne loin de moi.

Je ne puis demeurer dans cette incertitude;

Le doute en mon malheur est un tourment trop rude;

J'abhorre le flambeau dont je veux m'éclairer ;

Je crains de me connaître , et ne puis m'ignorer,„

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