ACTE V, SCE>£ VIL
Au fond de ce tombeau mon père était mon guide ;
J'errais dans les détours de ce grand monument ,
Plein de respect, d'horreur, et de saisissement;
Il marchait devant moi ; j'ai reconnu la place
Que son ombre en courroux marquait à mon audace.
Auprès d*une colonne , et loin de la clarté
Qui suffisait à peine à ce lieu redouté ,
J'ai vu briller le fer dans la main du perfide;
J'ai cru le voir trembler : tout coupable est timide.
J'ai deux fois dans son flanc plongé ce fer vengeur ;
Et d'un bras tout sanglant, qu'animait ma fureur,
Déjà je le traînais, roulaut sur la poussière,
Vers les lieux d'où partait cette faible lumière :
Mais , je vous l'avouerai , ses sanglots redoublés ,
Ses cris plaintifs et sourds, et mal articulés.
Les dieux qu'il invoquait, et le repentir même
Qui semblait le saisir à son heure suprême ;
La sainteté du lieu , la pitié , dont la voix ,
Alors qu'on est vengé , fait entendre ses lois ;
Un sentiment confus , qui même m'épouvante ,
M'ont fait abandonner la victime sanglante.
Azéma , quel est donc ce trouble , cet effroi ,
Cette invincible horreur qui s'empare de moi ?
Mon cœur est pur, 6 dieux! mes mains sont innocentes :
D'un sang proscrit par vous vous les voyez fumantes.
Quoi ! j'ai servi le ciel , et je sens des remords !
AZÉMA
!Vous avez satisfait la nature et les morts. Quittons ce lieu terrible, allons vers votre mère; Cahnez à ses genoux ce trouble involontaire : Et puisque Assur n'est plus...