‹ ThéatreChapitre 395 sur 520 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CATILINA, CÉTHÉGUS, affranchis, MARTIAN, SEPTIME.

CATILINA

Tout est-il prêt? enfin l'armée avance-t-elle?

MARTIAN

Oui , seigneur; Mallius, à ses serments fidèle , Vient entourer ces murs aux flammes destinés. An dehors , au dedans , les ordres sont donnés. Los conjurés en foule au carnage s'excitent , Et des moindres délais leurs courages s'irritent. Prescrivez le moment où Rome doit périr.

CATILINA

Sitôt que du sénat vous me verrez sortir, Commencez à l'instant nos sanglants sacrifices ; Que du sang des proscrits les fatales prémices Consacrent sous vos mains ce redoutable jour. Observez, Martian , vers cet obscur détour, Si d'un consul trompé les ardents émissaires Oseraient épier nos terribles mystères.

CÉTOÉCUS.

Peut-être avant le temps faudrait-il l'attaquer Au milieu du sénat qu'il vient de convoquer. Je vois qu'H prévient tout , et que Rome alarmée...

CATILINA

Prévient-il Mallius ? prévient-il mon armée.' Connaît-il mes projets? sait-il, dans son effroi, Que Mallius n'agit , n'est armé que pour moi ? Suis-je fait pour fonder ma fortune et ma gloire Sur un vain brigandage , et non sur la victoire ? Va , mes desseins sont grands, autant que mesurés; Les soldats de Sylla sont mes vrais conjurés. Quand des mortels obscurs, et de vils téméraires, D'un complot mal tissu forment les nœuds vulgaires,

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Un seul ressort (jui manque à leurs pièges tendus

Détruit l'ouvrage entier, et l'on n'y revient plus.

Mais des mortels choisis , et tels que nous le sommes ,

Ces desseins si profonds , ces crimes de grands hommes ,

Cette élite indomptable , et ce superbe choix

Des descendants de Mars et dei \ainqueurs des rois ;

Tous ces ressorts secrets , dont la lorce assurée

Trompe de Cicéron la prudence égarée ,

Un feu dont l'étendue embrase au même instant

Les Alpes , l'Apennin , l'aurore et le couchant,

Que Rome doit nourrir, que rien ne peut éteindre :

Voilà notre destin ; dis-moi s'il est à craindre?

CÉTHÉGUS

Sous le nom de César, Préneste est-elle à iious.^

C'est là mon premier pas ; c'est un des plus grands coups

Qu'au sénat incertain je porte eu assurance.

Tandis que Nonnius tombe sous ma puissance,

Tandis qu'il est perdu , je fais semer le bruit

Que tout ce grand complot par lui-môme est conduit.

La moitié du sénat croit Nonnius complice.

Avant qu'on délibère, avant qu'on s'éclaircisse,

Avant que ce sénat , si lent dans ses débats ,

Ait démêlé le piège où j'ai conduit ses pas ,

Mon armée est dans Rome , et la terre asservie.

Allez ; que de ces lieux on enlève Aurélie ,

bit que rien ne partage un si grand intérêt.

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