LE CHEF
Cliez lui. Ceux qui sont arrôt<Vs IN'accusent que lui seul de tant d'iniquités.
O comble de la rage et de la calonnnie !
On lui donne la mort : on veut flétrir sa \ie!
Le cruel dont la main porta sur lui les coups...
CICÉRON
Achevez.
\URÉLIE.
Justes dieux , où me réduisez- vous?
CICÉRON
Parlez; la vérité dans son jour doit paraître. Vous gardez le silence à l'aspect de ce traître ! Vous baissez devant lui vos yeux intimidés ! 11 frémit devant vous! Achevez, répondez.
AURÉLIE
Ah : je vous ai trahis ; c'est moi qui suis coupable.
CATILINA
Non , vous ne Têtes point...
AURÉLIE
Va , monstre impitoyable :
Va , ta pitié m'outrage , elle me fait horreur. Dieux ! j'ai trop tard connu ma détestable erreur. Sénat , j'ai vu le crime , et j'ai tu les complices ; Je demandais vengeance, il me faut des supplices. Ce jour menace Rome , et vous, et l'univers. Ma faiblesse a tout fait , et c'est moi qui vous perds. Traître , qui m'as conduite à travers tant d'abîmes , Tu forças ma tendresse à servir tous tes crimes. Périsse, ainsi que moi, le jour, l'horrible jour, Où ta rage a trompé mon innocent amour! Cejour où malgré moi, secondant ta furie, Fidèle à mes serments , perfide à ma patrie, Conduisant Nonnius à cet affreux trépas , Et, pour mieux l'égorger, le pressant dans mes bras , J'ai présenté sa tête à ta main sanguinaire ! (Tandis qu'Aurélie parle au bout du théâtre, Cicéron est assis,
|ilorj£(é dans la douleur.) Murs sacrés , dieux vengeurs , sénat , mânes d'un p^re ,
ACTi: IV, SCÈNE VJ.
nomains voilà l'éponK dont J'ai suivi Ja loi '^''^'^^*^^^^'»^^'^^-^--l'erfi,le,inute-moi.
(Elle se frappe.} CATILINA.
Ou sms-je? malhenieiix !
CATO.N
0 jour épouvaiiiable !
, , ,. i^iCÉRON , se levant.
J'>«"- trop digne en effet d'un siècle si coupable !
( On emmène AiiréJie. ) CICÉRO.V.
Oi.'n,. ^1 . . ^'" '*' ^'*'"* ' 'f"'°" ^^ secoure , \ur.de • Qu on cheiche cet écrit. En est-ce assez, per ide . ei.ateurs, vous tremblez ; vous ne vous jo !„ez nas W v^er tant de sang et tant d'assass,S'"^ 1 ^ous jmpose encor.= Vous laissez impuni.- '■a ;nort de Nonnius , et celle d'Aurélie ?
., , . CATJLINA.
\'! ^'''•"'^'"e «^ ^oni lait; c'est ton inimitié oTlnM''T!"'''"'^^""^^J^^^^ pitié; o,dontamb,t.on, de la mienne rivale, ont la fortune heureuse, ù uk-s destins fatale 1 entrant dans l'abime où tu me vois plon.^^
u causas mes fureurs, mes fureurs font vengé ai liai ton geme , et Home qui l'adore •
a« voulu ta ruine, etjela veux encore e vengerai sur toi tout ce que j'ai perdu • on sang paiera ce sang à tes yeux répandu :
ue tes membres sanglants, dans la tribune épars |. HiconstanL. Romains repaissent les regards ^•la ce qu en partant ma douleur et ma ra^e
Is! Z 'T "^'^'''^' '' '^'^^^"^ P""-- Présage : .le sort qui t'attend, et qui va s'accomplirl est lespo.rqm me reste, et je cours le remplir
CICÉRON
Qu'on saisisse en traîlrc.
CÉTHÉGUS
En as-tu la puissance?
SURA
Oses-tu prononcer quand le sénat balance ?
CATILINA
La guerre est déclarée ; amis , suivez mes pas. C'en est fait ; le signal vous appelle aux combats. Vous, sénat incertain, qui venez de m'entendre, Choisissez à loisir le parti qu'il faut prendre.
(Il sort avec quelques sénateurs de son parti. ) CICÉIION.
Eh bien î choisissez donc , vainqueurs de l'univers,
De commander au monde , ou de porter des fers.
O grandeur des Romains ! ô majesté flétrie !
Sur le bord du tombeau , réveille-toi , patrie !
Lucullus , Muréna , César même , écoutez :
Rome demande un chef en ces calamités;
Gardons l'égalité pour des temps plus tranquilles :
Les Gaulois sont dans Rome, il vous faut des CamiUesl
il faut un dictateur, un vengeur, un appui :
Qu'on nomme le plus digne , et je marche sous lui