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SCÈNE VI

GENGTS, OCTAR , IDAMÉ , ZAMTI , gardes.

GENGIS , acconnpagné de .ses gardes, et désarmant Zamli. Arrêtez, Arrêtez , malheureux ! O ciel , qu'alliez- vous faire ?

IDAMÉ

Nous délivrer de toi, finir notre misère , A tant d'atrocités dérober notre sort.

ZAMTl.

Veux-tu nous envier jusques à notre mort ?

GENGIS

Oui... Dieu , maître des rois , à qui mon cœur s'adresse^

Témoin de mes affronts, témoin de ma faiblesse,

Toi qui mis à mes pieds tant d'États, tant de roia,

Deviendrai-je à la fin digne de mes exploits?

Tu m'outrages, Zamti ; tu l'emportes encore

Dans un cœur né pour moi, dans un cœur que j'adore.

I on épouse à mes yeux , victime de sa foi , Veut mourir de ta main , plutôt que d'être à moi. Vous apprendrez tous deux à souffrir mon empire, Peut-être à faire plus.

IDAMÉ

Que prétends-tu nous dire?

ZAMTI.

Quel est ce nouveau trait de l'inhumanité ?

IDAMÉ

D'où vient que notre arrêt n'est pas encor porté?

GENGIS

II va l'être , madame , et vous allez l'apprendre. Vous me rendiez justice , et je vais vous la rendre. A peine dans ces lieux je crois ce que j'ai vu :

Tous deux je vous admire, et vous m'avez vaincu. Je rougis, sur le trône où m'a mis la victoire , D'être au-dessous de vous au milieu de ma gloire. En vain par mes exploits j'ai su me signaler; Vous m'avez avili : je veux vous égaler. J'ignorais qu'un mortel pût se dompter lui-même ; Je l'apprends ; je vous dois cette gloire suprême : Jouissez de l'honneur d'avoir pu me changer. Je viens vous réunir, je viens vous protéger. Veillez, heureux époux , sur l'innocente vie De l'enfant de vos rois , que ma main vous confie ; Par le droit des combats j'en pouvais disposer : Je vous remets ce droit , dont j'allais at)user. Croyez qu'à cet enfant, heureux dans sa misère, Ainsi qu'à votre fils , je tiendrai lieu de père :

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