ACTE I, SCÈ?^E II
Mais îe nreiid qui nous joint n'eût point été formé.
Si dans notre querelle , à jamais assoupie,
Mon cœur, qui vous liaït , ne vous < ût estimé.
L'amour peut avoir part à ma nouvelle c'.iaine ;
Mais lin si noble hymen ne sera point le fruit
D'un feu né d'un instant, qu'un autre instant détruit ,
Que suit l'indifférence, et trop souvent la haine.
Ce cœur, que la patrie appelle aux champs de Mars,
Ne sait point soupirer aq milieu des hasards.
Mon hymen a pour but l'honneur de vous complaire.
Notre union naissante, à tous deux nécessaire,
La splendeur de l'État, votre intérêt, le nùen ;
Devant de tels objets l'amour a peu de charmes .
11 pourra resserrer un si noble lien ;
Mais sa voix doit ici se taire au bruit des armes.
ARGIRE.
J'estime en un soldat cette mâle fierté; Mais la franchise plaît, et non l'austérité. J'espère que bientôt ma chère Aménaïde Pourra fléchir en vous ce courage rigide. C'est peu d'être un guerrier; la modeste douceur Donne un prix aux vertus, et sied à la valeur. Vous sentez que ma fille au sorlir de l'enfance, Dans nos temps orageux de trouble et demalheur^ Par sa mère élevée à la cour de Byzance, Pourr-ait s'efi'aroucher de ce sévère accueil , Qui tient de la rudesse et ressemble à l'orgueil. Pardonnez aux avis d'un vieillard et d'un père.
ORBASSAN
Vous-même pardonnez à mon humeur austèr^: Élevé dans nos camps , je préférai toujours Ace mérite faux des politesses vaines, A cet art de flatter, à cet esprit des cours, La grossière vertu des mœurs républicaines : Mais je sais respecter la naissance et le rang D'un estimable objet formé de votre sang; Je prétends par mes soins mériter qu'elle m'aime, Vous regarder en elle, et m'honorer moi-même.
ARcrRE.
P;ir mon ordre en ces lieux elle avance vers vous.
«08 TANCRÈDE