ACTE 11, SCENE VII. ttî
Je sais de votre loi la dureté barbare,
Celle de mes tyrans, la mort qu'on me prépare.
Je ne me vante point du fastueux effort
De voir, sans m'alarmer, les apprêts de ma mort...
Je regrette la vie... elle dut m'être cbère.
Je pleure mon destin , je gémis sur mon père;
Mais , malgré ma faiblesse , et malgré mon effroi ,
Je ne puis vous tromper; n'attendez rien de moi.
Je vous parais coupable après un tel outrage ;
Mais ce cœur, croyez-moi , le serait davantage ,
Si jusqu'à vous complaire il pouvait s'oublier.
Je ne veux ( pardonnez à ce triste langage )
De vous pour mon époux , ni pour mon chevalier.
J'ai prononcé; jugez, et vengez votre offense.
ORBASSAN
Je me borne, madame, à venger mon pays,
A dédaigner l'audace, à braver le mépris,
A l'oublier. Mon bras prenait votre défense :
Mais , quitte envers ma gloire aussi bien qu'envers vous ,
Je ne suis plus qu'un juge à son devoir fidèle ,
Soumis à la loi seule, insensible comme elle.
Et qui ne doit sentir ni regret ni courroux,