ACTE II, SCENE III. S
Moi , j'aurais pu... Mais non; ministre dangereux. Tu venais épier le secret de mes feux. Hélas! en me voyant se peut-il qu'on l'ignore.' Il a la dans mes yeux l'ardeur qui me dévore. Certain de ma faiblesse, il retourne à sa cour Insulter aux projets d'un téméraire amour. J'aurais pu l'épouser, lui consacrer ma vie ! Le ciel à mes désirs eût destiné TuUie ! Malheureux que je suis!
MESSALA
Vous pourriez être heureux ; Arons pourrait servir vos légitimes feux. Croyez-moi.
TITUS
Bannissons un espoir si frivole :
Rome entière m'appelle aux murs du Capitolc; Le peuple, rassemblé sous ces arcs triomphaux Tout chargés de ma glaire et pleins de mes travaux , M'attend pour commencer les serments redoutable^ De notre liberté garants inviolables.
MESSALA
Allez servir ces rois.
TITUS
Oui, je les veux servir; Oui , tel est mon devoir, et je le veux remplir.
MESSALA
Vous gémissez pourtant !
TITUS
Ma victoire est cruelle.
Vous l'achetez trop cher.
TITUS
Elle en sera plus belle.
Ne m'abandonne point dans l'état où je suis.
MESSALA, ;i part.
Allons, suivons ses pas; aigrissons ses ennuis; Enfonrons dans son cœur le trait qui le déclare.