ACTE III, SCÈNE VIL
PTa pas même aux Romains redemandé sa fille. Souffrez que je rappelle un triste souvenir : Je vous privai d'un père , et dus vous en servir. Allez , et que du trône , où le ciel vous appelle , L'inflexible équité soit la garde éternelle : Pour qu'on vous obéisse , obéissez aux lois ; Tremblez en contemplant tout le devoir des rois ; Et si de vos flatteurs la funeste malice Jamais dans votre cœur ébranlait la justice, Prête alors d'abuser du pouvoir souverain, Souvenez-vous de Rome , et songez à Tarquin ; Et que ce grand exemple, où mon espoir se fonde. Soit la leçon des rois et le bonbeur du monde.
(à Arons. ) Le sénat vous la rend , seigneur ; et c'est à vous De la remettre au mains d'un père et d'un époux. Proculus va vous suivre à la porte Sacrée.
TITUS , éloigné.
0 de ma passion fureur désespérée !
(Il va vers Arons. )
Je ne souffrirai point, non-.. Permettez , seigneur...
( Brutus et TuUie sortent avec leur suite; Arons et Messala restent.) Dieux ! ne mourrai-je point de bonté et de douleur! ( à Arons. )
Pourrai-je VOUS parler .?
ARONS
Seigneur , le temps me presse.
Il me faut suivre ici Brutus et la princesse; Je puis d'une heure encor retarder son départ : Craignez, seigneur, craignez de me parler trop tard. Dans son appartement nous pouvons l'un et l'autre Parler de ses destins , et peut-être du vôtre.
(Il sort.)