‹ ThéatreChapitre 75 sur 520 · ACTE IV , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE IV

I, chéris la vertu , mais j'embrasse le crime. Il aïssez-moi , fuyez, quittez un malheureux Qui meurt d'amour pour vous, et déteste ses feux ; Qui va s'unir à vous sous ces affreux augures , Parmi les attentats , le meurtre , et les parjures.

TULLIE

Vous insultez , Titus , à ma funeste ardeur ; Vous sentez à quel point vous régnez dans mon cœur. Oui , je vis pour toi seul , oui , je te le confesse ; Mais malgré ton amour, mais malgré ma faiblesse , Sois sur que le trépas m'ins[)ire moins d'effroi Que la main d'un époux qui craindrait d'être à moi , Qui se repentirait d'avoir servi son maître, Que je fais souverain , et qui rougit de l'être.

Voici l'instant affreux qui va nous éloigner. Souviens-toi que je t'aime et que tu peux régner. L'ambassadeur m'attend ; consulte, délibère : Dans une heure avec moi tu reverras mon père. Je pars , et je reviens sous ces murs odieux Pour y rentrer en reine , ou périr à tes yeux.

TITUS

Vous ne périrez point. Je vais...

TDLLIE.

Titus, arrête; En me suivant plus loin tu hasardes ta tète ; On peut te soupçonner; demeure : adieu; résons D'être mon meurtrier ou d'être mon époux.

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