‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 126 sur 456 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

J'ai tantôt, sans respect*, affligé sa misère.

Que ne puis-je aussi bien par d'utiles secours

Réparer promptement mes injustes discours?

Je lui prête ma voix, je ne puis davantage. 865

Vous seul pouvez, Seigneur, détruire votre ouvrage.

Elle est voire captive ; et ses fers que je plains.

Quand vous l'ordonnerez, tomberont de ses maina,

Commencez donc par là cette heureuse journée.

Qu'elle puisse à nous voir n't tre plus codidamnée. 870

Montrez que je vais suivre aux pieds de nos autels

Un roi qui non content d'effrayer les mortels,

A des embrasements ne borne point sa gloire,

Laisse aux pleurs d'une épouse attendrir sa victoire,

Et par les malheureux quelquefois désarmé, 876

Sait imiter en tout les dieux qui l'ont formé 2.

ÉRIPHILE

Oui, Seigneur, des douleurs soulagez la plus vive.

La guerre dans Lesbos me fit votre captive.

Mais c'est pousser trop loin ses droits injurieux.

Qu'y joindre le tourment que je souffre en ces heux. 880

ACHILLE

Vous, Madame?

ÉRIPHILE

Oui, Seigneur; et sans compter le reste, Pouvez-vous m'imposer une loi plus funeste Que de rendre mes yeux les tristes spectateurs

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