ACTE III, SCENE VIT
CLJTEMNESTRE.
Quel est votre dessein, ma fille ?
IPHIGKNIE,
Au nom des Dieux, ^ladame, retenez un amant furieux.
De ce triste entretien détournons les approches*. Seigneur, trop d'amertume aigriroit vos reproches. Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité ; Et mon père est jaloux de son autorité. On ne connoit que trop la fierté des Atrides. Laissez parler. Seigneur, des bouches plus timides. Surpris, n'en doutez point, de mon retardement, Lui-même il me viendra chercher dans un moment Il entendra gémir une mère oppressée ; Et que ne pourra point m'inspirer la pensée De prévenir les pleurs que vous verseriez tous. D'arrêter vos transports, et de vivre pour vous ?
ACHILLE
Enfin vous le voulez. Il faut donc vous complaire
1. Détournons les approches, c'est-a-dire reculons, empêchons. Le mot approche était bien plus usité qu'aujourd'hui, et son pluriel également.
. 2. Dans Euripide, c'est Achille qui donne lui-même le conseil de ne vecourir à lui qu'après avoir tenté de fléchir Agamemnon.
nst9(o{j.£v auSiç iraTÊpa psXTiovcppovstv. (1011.) 'Ivtéxs'j' £7.:tvov Tîpwxa ]irr\ y.T£iv£'.v T£)tva* •î^v 5' dvTiSatvri, '^pô^ è]xi <toi 7:ap£UT£0v. El yàp TÔ yyr(C,oy stclôet', oô tou{xov xp£wv ywpsTv ïyz', yàp touto xr^^ (jwXT^ptav. (1015-1019.)
rt Tâchons de ramener le père à de meilleurs sentiments,... Supplie^le d'abord de ne point immoler ga fille. S'il résiste, alors il faudra recditrir à moi* Mais, al vous le persuadais, je n'ai plus rien à faire i (?Qir c'dgl U salut d@ ta nu@. »
IPHÎGÉNIE.
Donnez-lui lune et l'autre un conseil salutaire. Rappelez sa raison, persuadez-le bien, 1075 Pour vous,, pour mon repos, et surtout pour le sien, îe perds trop de moments en des discours frivoles : 11 faut des actions, et non pas des paroles.
(A Ciytemnestre. «
Madame, à vous servir je vais tout disposer. Dans votre appartement allez vous reposer. 1080 Votre tille vivra, je puis vous le prédire. Croyez du moins, croyez que tant que je respire, Les Dieux auront en vain ordonné son trépas. Cet oracle est plus sùr que celui de Calchas.
FIN DU TROISIÈME ACTE