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ACTE Y, SCÈNE IV

CLYTEMNESTRE

0 monstre, que Mégère* en ses flancs a porté!

Monstre, que dans nos bras les enfers ont jeté! 1680

Quoi? tu ne mourras point? Quoi? pour punir son crime....

Mais où va ma douleur chercher une victime?

Quoi? pour noyer les Grecs et leurs mille vaisseaux,

Mer, tu n'ouvriras pas des abîmes nouveaux?

Quoi? lorsque les chassant du port qui les recèle, i685

L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle.

Les vents, les mêmes vents, si longtemps accusés,

Ne te couvriront pas de ses vaisseaux brisés?

Et toi, soleils et toi, qui, dans cette contrée, Reconnois l'héritier et le vrai fils d'Atrée, 1690 Toi, qui n'osas du père éclairer le fesUn, Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin.

Mais, cependant, ô ciel! ô mère infortunée! De festons odieux ma fille couronnée Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés. 1696

1. Mégère. Alecto, Tisiphone et Mégère étaient les trois Furies.

Dicuntur geminœ pestes cognomine Dirss, Quas et Tartaream Nox intempesta Megœram Uno eodemgue tulit partit...,

(Virgile, Éîiéide^ liv. XII, v. 815.)

« Deux fléaux nommés les Furies, que la Nuit obscure a portés d'un ôeul enfantement avec l'infernale Mégère. » •

2. Il y a ici un souvenir de la strophe fanieuse, de Malherbe :

0 soleil ! ô grand luminaire !

Si jadis l'horreur d'un festin Fit que de ta route ordinaire Tu reculas vers le matin.

Et d'un émerveillable change Te couchas aux rives du Gange; D'où vient que ta sévérité, . Moindre qu'en la faute d'Atrée, Ne punit point cette contrée D'une éternelle obscurité?

IPHIGÉME.

Calchas va dans son sang.... Barbares, arrêtez. C'est le pur sang du Dieu qui lance le tonnerre.... J'entends gronder la foudre, et sens trembler la terre. Un Dieu vengeur, un Dieu fait retentn- ces coups.

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