‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 248 sur 456 · ACTE ÎY. SCÈNE ÏI · texte numérisé non relu

ACTE ÎY. SCÈNE ÏI

Je ne veux point me peindre avec trop d'avantagfe, iio5

Mais si quelque vertu m'est tombée en partage,

Seigneur, je crois surlout avoir fait éclater

La haine des forfaits qu'on ose m'imputer*.

C'est par là qu'Hippolyte est connu dans 11 Grèce.

J'ai poussé la vertu jusques à la rudesse. mo

On sait de mes chagrins l'inflexible rigueur.

Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur.

Et i'on veut qu'Hippolyte, épris d'un feu profane....

THÉSÉE

Oui, c'est ce même orgueil, lâche ! qui te condamne. Je vois de tes froideurs le principe odieux : Phèdre seule charmoit tes impudiques yeux; Et pour tout autre objet ton âme indifférente Dédaignoit de brûler d'une flamme innocente.

HIPPOLYTE

Non, mon père, ce cœur, c'est trop vous le celer, N'a point d'un chaste amour dédaigné de brûler. Je confesse à vos pieds ma véritable offense : 'J'aime; j'aime, il est vrai, malgré votre défense. Aricie à ses lois tient mes vœux asservis; La fille de Pallante a vaincu votre fils. Je l'adore, et mon àme, à vos ordres rebelle, Ne peut ni soupirer ni brûler que pour elle.

THÉSÉE

Tu l'aimes? ciel! Mais non, l'artifice est grossier. Tu te feins criminel pour te justitier.

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