‹ ThéaÌ‚tre choisi de RacineChapitre 261 sur 456 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

Pout ce que je voulois me cacher à moi-même*

liais songez sous quel sceau je vous l'ai révélé.

)ubliez, s'il se peut, fue je vous ai parlé,

ladame ; et que jamais une bouche si pure

le s'ouvre pour conter cette horrible aventure. ï35o

)ur l'équité des Dieux osons nous confier :

Is ont trop d'intérêt à me justifier;

St Phèdre, tôt ou tard de son crime punie,

J'en sauroit éviter la juste ignominie.

''est l'unique respect que j'exige de vous. i355

e permets tout le reste à mon libre courroux.

iortez de l'esclavage où vous êtes réduite ;

)sez me suivre, osez accompagner ma fuite;

irrachez-vous d'un lieu funeste et profané,

)ù la vertu respire un air empoisonné ; i36o

¥ofitez, pour cacher votre prompte retraite,

)e la confusion que ma disgrâce y jette.

e vous puis de la fuite assurer les moyens.

/ous n'avez jusqu'ici de gardes que les miens ;

t)e puissants défenseurs prendront notre querelle ; i365

Irgos nous tend les bras, et Sparte nous appelle :

L nos amis communs portons nos justes cris ;

ie souffrons pas que Phèdre, assemblant nos débris,

)u trône paternel nous chasse l'un et l'autre,

li promette à son fils ma dépouille et la vôtre. 1370

/occasion est belle, il la faut embrasser.

)uelle peur vous retient? Vous semblez balancer?

lotre seul intérêt m'inspire cette audace.

)uand je suis tout de feu« d'où vous vient cette glace ?

Inr les pas d'un banni craignez-vous de marcher? 137$

ARICIE

îélas! qu'un tel exil. Seigneur, me seroit cher! ïans quels ravissements, à votre sort liée, )u reste des mortels je vivrois oubliée !

PHÈDKE.

Mais n'étant point unis par un lien si doux,

iMe puis-je avec honneur dérober avec vous? i3i

Je sais que sans blesser l'honneur le plus sévère,

Je me puis alTranchir des mains de votre père *

Ce n'est point m'arracher du sein de mes parents;

Et la fuite est permise à qui fuit ses tyrans.

Mais vous m'aimez, Seigneur; et ma gloire alarmée....

HIPPOLYTE

Non, non, j'ai trop de soin de voîre renommée.

Un plus noble dessein m'amène devant vous :

Fuyez mes ennemis, et suivez votre époux.

Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne,

Le don de notre foi ne dépend de personne. i3

L'hymen n'est point toujours entouré de flambeaux.

Aux portes de Trézène, et parmi ces tombeaux, Des princes de ma race antiques sépultures. Est un temple sacré formidable aux parjures. Cest là que les mortels n'osent jurer en vain : i3 Le perfide y reçoit un châtiment soudain ; Et craignant d'y trouver la mort inévitable, Le mensonge n'a point de frein plus redoutable. Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel iXous irons confirmer le serment solennel; i4 Nous prendrons à témoin le dieu qu'on y révère; Nous le prîrons tous deux de nous servir de père. Des dieux les plus sacrés j'attesterai le nom. Et la chaste Diane, et l'auguste Junon, Et tous les Dieux enfin, témoins de mes tendresses, i4* Garantiront la foi de mes saintes promesses.

ARICIE

Le Roi vient. Fuyez, Prince, et partez promptement. Pour cacher mon départ, je demeure un inomenl

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